Scénario Economique

Scénario Éco - Tensions prolongées et croissance moins diversifiée

Publié le 22/06/2026

Retrouvez dans le dernier Scénario Éco, publié par les économistes du groupe Société Générale, les prévisions économiques trimestrielles pour l'ensemble des grandes économies développées et émergentes.

Preview image for the video "Edito Vidéo - Tensions prolongées et croissance moins diversifiée".

Accédez au document « Tensions prolongées et croissance moins diversifiée » et/ou regardez la courte vidéo récapitulative de Michala Marcussen, Chef Économiste du Groupe.

Scénario Éco - Société Générale
Michala Marcussen, Chef Economiste du groupe Société Générale
Juin 2026
Tensions prolongées et croissance moins diversifiée

Le conflit se prolonge, pourquoi les prix de l'énergie ne sont-ils pas plus élevés ?
Le conflit au Moyen-Orient est entré dans son quatrième mois en juin. Les prix de l'énergie sont néanmoins restés jusqu’à présent sur le deuxième trimestre 2026 inférieurs à ce que beaucoup craignaient.
Le fait que la crise soit entrée dans une phase moins intense, avec l'espoir persistant d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, explique sans aucun doute en partie cette situation.
La demande énergétique a par ailleurs également été plus faible. Les compagnies aériennes, par exemple, ont réduit leurs liaisons en raison à la fois des pressions sur les prix et des craintes de pénurie d'approvisionnement.
Plus fondamentalement, le monde aborde cette deuxième crise énergétique en 5 ans avec des niveaux de stocks plus élevés et une plus grande diversification des approvisionnements. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, l'Europe en particulier a réalisé des progrès substantiels sur ce sujet et a également connu une électrification croissante de la demande.
Cela ne doit toutefois pas conduire à un excès de confiance. Le risque de pénurie d'approvisionnement augmente à mesure que les stocks diminuent, et les incertitudes liées au conflit persistent. D’ailleurs, dans un monde marqué par des risques géopolitiques accrus, la poursuite des investissements dans des systèmes énergétiques résilients est encore plus cruciale.
Combien de temps la résilience peut-elle encore durer ?
La résilience qui a façonné l'économie mondiale ces dernières années face aux chocs tarifaires, aux crises énergétiques ou à la fragmentation géoéconomique, est en train de s’éroder.
Les prévisions économiques, y compris les nôtres, ont encore été revues à la baisse en raison du conflit au Moyen-Orient et la résilience mondiale est de plus en plus menacée. Les ménages subissent la pression de coûts énergétiques plus élevés, dans un contexte de ralentissement avéré des marchés du travail dans les grandes économies. La résilience des investissements dans l’IA aux Etats-Unis, l'un des rares moteurs de croissance, est également mise à l'épreuve avec la hausse des coûts et le resserrement des conditions financières.
Les hausses de taux des banques centrales feront-elles basculer l’économie en récession ?
Des dynamiques de croissance atones, avec des chiffres d'inflation globalement plus élevés, placent les banques centrales des deux côtés de l'Atlantique dans une position difficile. Il devient donc crucial d’adopter une approche dépendante des données réunion après réunion. Si les banques centrales réagissaient de manière préventive à une inflation globale plus élevée, sans preuve claire de l’apparition d'effets de second ordre, alors les risques baissiers sur la croissance augmenteraient clairement. De plus, il convient de rappeler que le niveau déjà élevé des taux d'intérêt du marché signifie que les marchés obligataires contribuent déjà, en partie, au resserrement des conditions financières.

Document à télécharger