Comment la finance peut contribuer au développement durable

Finance Responsable

Faire plus, plus vite, avec la nécessaire contribution de chacun, pour rendre ce monde plus juste et plus durable : c’est le sentiment partagé par les participants du Forum mondial 3Zéros réunis début septembre à Paris. Etudiants, entreprises, associations humanitaires… C’est la question du « Comment ? » qui a dominé les échanges. Comment la finance et les investisseurs peuvent contribuer à atteindre les objectifs de développement durable fixés par l’ONU. 

Venus d’horizons différents, mais mus par la conviction que c’est ensemble que l’on peut trouver des solutions, pour les participants, le compte n’y est pas. Pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030, il manque chaque année environ 3 700 milliards1 de dollars, dont 50 % pour les pays en développement notamment en Afrique. Cette somme, en progression de +33 % à la suite à la crise de la COVID et en raison d’investissements chroniquement insuffisants, sonne comme un coup de tocsin pour mettre tout le monde d’accord dans les allées du Palais Brongniart, à Paris. Comment combler ce déficit d’investissement et créer le monde zéro exclusion, zéro carbone et zéro pauvreté auquel aspirent les participants au Forum mondial 3Zéros organisé par Convergences ? Si les aides internationales, subventions publiques et dons humanitaires ou philanthropiques sont utiles notamment dans les situations d’urgence, le monde de la finance a aussi un rôle à jouer à son niveau. Comment ? En commençant par son cœur de métier : proposer aux investisseurs, particuliers, entreprises et institutionnels, d’investir dans des projets responsables, avec une certaine rentabilité, mais aussi avec un impact social et environnemental positif et mesurable. 

 

Crowdfunding ou financement participatif

Pour les investisseurs individuels, c'est à dire les particuliers, on parle d’épargne responsable ou de financement participatif parmi les différentes formes d’investissement citoyen. Il peut s’agir de participer au développement d'entreprises ou de projets à impact, sous forme d'actions ou d'obligations. Parmi ces solutions, Lumo, une startup française créée en 2012 et intégrée au Groupe depuis 2018, est une plateforme d'investissement participatif en faveur de la transition écologique, qui propose au grand public de co-financer des projets d’énergies renouvelables. L'exigence de sélection associée au digital permet d’assurer transparence, traçabilité et utilité, sans compromis sur la rentabilité. « L’objectif est de reprendre le pouvoir sur son argent et de lui donner un impact positif », résume Olivier Houdaille, Président de Lumo qui compte 8 personnes.

 

 

Finance à impact

La prise de conscience est aussi partagée parmi les grandes entreprises et investisseurs institutionnels. « Face aux enjeux auxquels on est confrontés, on sait tous qu’il faut redéfinir les règles du jeu et accélérer », rappelle Philippe Aymerich. Le Directeur général délégué du Groupe met notamment en avant le développement de la finance à impact, qui représenterait 715 milliards de dollars US en 20202. Il s’agit d'une « approche disruptive » pour réduire le ratio coût / impact des projets et attirer les financements vers de nouveaux modèles économiques. Cela passe entre autres par les mécanismes de finance mixte (« blended finance », ou « partenariats publics-privés »), en réunissant différents profils d’investisseurs pour réduire les risques de transactions et assurer le financement du projet. « On rend les projets de nos clients plus résilients, plus durables et plus faciles à financer », souligne Marie-Aimé Boury, Responsable de la finance à impact du Groupe dans une table ronde.
 

 

Banque responsable : comment la banque s’engage en faveur du développement durable

Soucieux de mettre leur épargne ou leurs investissements au service de projets responsables et durables, les acteurs institutionnels ou privés placent de plus en plus la notion d’impacts positifs au cœur de leurs préoccupations, comme une boussole pour orienter les investissements. Les banques utilisent leur expertise pour offrir des solutions financières responsables et innovantes, accompagner la transformation de leurs clients et construire avec eux un avenir meilleur et durable. Elles soutiennent ainsi une tendance de fonds : d’après une enquête du Global Impact Investing Network (GIIN)3 en 2020, 72 % des investisseurs prévoient de maintenir ou augmenter le volume de capital consacré à l’investissement d’impact, aussi bien social qu’environnemental.

 

 

 [1] Source : OCDE, « Mobilizing institutional investors for financing sustainable development in developing countries ».
[2-3] Source : Convergences, « Baromètre de la finance à impact 2021 », 1re édition, août 2021.