L'année 2018 s'est terminée sur une note difficile pour l'économie mondiale, avec un net ralentissement de la croissance en Chine et en Europe, et le
« shutdown » de l’administration américaine. Conjugué aux incertitudes liées aux tensions commerciales actuelles et aux négociations sur le Brexit, il n'est pas surprenant que les marchés financiers se soient effondrés en fin d'année.

En ce début d’année 2019, les investisseurs ont  été rassurés par la reprise des activités de l’administration américaine, les discours plus positifs  sur les négociations commerciales  sino-américaines et  le ton plus accommodant des principales banques centrales,  avec une suspension provisoire du resserrement de la politique monétaire.  Tout aussi important, la Chine et la France se joignent désormais  aux États-Unis pour donner un sérieux coup de pouce  budgétaire à leurs économies respectives. D’importantes questions restent cependant en suspens et leur évolution au cours des prochaines semaines sera déterminante pour les perspectives de 2019. Envisageons-les par ordre chronologique.

Courbe + Carte

L’administration américaine va-t-elle connaître un nouveau shutdown ?

Le président Trump est déterminé à construire un mur à la frontière mexicaine et brandit la menace de reprendre le shutdown de l’administration le 15 février ou de décréter l’« urgence nationale », ce qui lui permettrait d'utiliser des ressources militaires pour construire le mur. La légalité de cette dernière option est sujette à caution et même les membres républicains du Congrès  s’inquiètent du précédent que cela pourrait créer. Si le shutdown de l’administration se poursuit,  le coût pour l'économie américaine est estimé à 0,1 % de croissance annualisée par semaine.

L'année 2019 verra-t-elle un apaisement des tensions commerciales ?

Un récent tweet du président Trump a laissé entendre qu'il  était fort probable que le président Xi et lui-même concluent un accord commercial lors de leur rencontre prévue fin février. Si cela se confirme, ce serait une bonne nouvelle.  L'évolution des échanges commerciaux entre les États-Unis et l'Union européenne mérite  également notre attention. Un rapport  du ministère américain du commerce  en cours de finalisation (prévu  le 17 février) pourrait  déclarer que les importations de voitures  sont un risque pour la sécurité nationale. Cela donnerait un nouveau prétexte au Président Trump pour imposer des droits de douane, ouvrant un nouveau front de tensions commerciales mondiales qui pourrait s’avérer particulièrement douloureux pour l'Allemagne et le Japon. Sachant qu'une guerre commerciale  de grande ampleur pourrait entraîner une baisse de près de 1 % de la croissance du PIB mondial en 2019, les développements nouveaux sur ces deux fronts revêtent une importance cruciale.

Michala Marcussen Chef économiste du Groupe Société Générale


Notre hypothèse de base est que les pires scénarios seront évités, 
ouvrant la voie à une poursuite
de l'expansion en 2019 , mais
à un rythme certes plus lent
qu'en 2018.

Un Brexit sans accord sera-t-il évité?

La sortie du Royaume-Uni de l'Union e uropéenne est prévue pour le 29 mars 2019 à minuit, mais à moins de 50 jours du Brexit, le doute subsiste quant à savoir si ce pays partira avec un accord, s'il demandera un délai pour trouver une solution ou s'il partira sans accord. Nous estimons qu'un Brexit chaotique sans accord plongerait le Royaume-Uni dans une récession qui aurait des répercussions importantes pour la zone euro.

Les trois questions énumérées ci-dessus ne sont pas les seuls points d'interrogation pour 2019. Les élections européennes du printemps  seront déterminantes sur le cap que prendra l'intégration européenne  au cours de la prochaine décennie.  Les prochaines semaines apporteront des réponses à ces trois grandes interrogations et celles-ci auront un impact économique important même à court terme.