Le pari du caviar bio Made in France

À travers sa marque Caviar de Neuvic, Laurent Deverlanges a choisi de produire en France un caviar de qualité tout en réduisant au maximum l’empreinte écologique de son activité.

« J’aime manger bio. Il n’y a donc aucune raison pour que je ne serve pas des produits bio aux esturgeons élevés dans ma ferme. » Derrière cette déclaration de Laurent Deverlanges, Pdg de HUSO la maison mère de Caviar de Neuvic, se dessine une réalité et un engagement. La réalité fait froid dans le dos. « La pêche intensive a épuisé les ressources naturelles. La mer Caspienne fournit 2 tonnes de caviar d’élevage par an contre 1 000 tonnes de caviar sauvage dans les années 80. Désormais, la majorité du caviar vendu dans le monde, y compris en France, provient d’élevage intensifs chinois utilisant un aliment de qualité alimentaire chinoise et des rivières de qualité écologique chinoise. En créant mon entreprise 2011, j’ai mis en application ma conviction qu’il était de possible de produire en France, au cœur de la Dordogne, tout en développant une activité viable économiquement. J’ai aussi voulu bâtir un projet fondé sur des méthodes de production respectueuses de l’environnement qui garantissent une sécurité alimentaire au consommateur. » Face à ces engagements pointe une véritable ambition industrielle. L’entreprise dispose d’une ferme piscicole de 20 hectares dont 2 hectares consacrés à des bassins dédiés à l’élevage des esturgeons. « Je pense qu’un entrepreneur ne doit pas forcément rechercher l’idée du siècle mais développer une activité dans un secteur où il a toujours eu envie de travailler. Ensuite, il ne reste plus qu’à diriger son entreprise en fonction de sa sensibilité et à partir de là, tout se déroule bien. »

Un engagement en faveur de l’environnement

« Toutes nos décisions sont portées par l’ambition de limiter notre empreinte écologique ». L’entreprise qui est labellisée “Aquaculture responsable” vient de passer un nouveau cap avec zéro déchets organiques. « C’est particulièrement lourd à gérer au quotidien puisque le caviar représente 10% du poisson et que le reste doit donc être retraité. Cela nous incite à être toujours plus créatif en trouvant de nouvelles solutions. Prochaine étape : la labellisation Bio. » Autre facteur de différenciation, les esturgeons sont traités par phytothérapie et homéopathie, et élevés dans une densité particulièrement faible. « Nous sommes tous très soucieux des qualités d’élevage et du stress des poissons. Je m’entoure de collaborateurs qui partagent cette même vision de l’élevage. Notre ambition représente un réel moteur pour l’entreprise et participe totalement à l’engagement des collaborateurs. » Cette approche vertueuse se traduit par l’augmentation continue du CA qui s’établissait en 2016 à 3 M€ en hausse de +50% par rapport à 2015. Appuyée par des investissements soutenus en marketing – 4 ME depuis la création –, la marque Caviar de Neuvic rencontre un succès grandissant à l’export avec une distribution dans 27 pays à travers le monde. Elle peut également compter sur 3 boutiques en France et 10 points de vente saisonniers. Laurent Deverlanges sait pourtant que rien n’est gagné : « Au lancement d’une entreprise tout est facile et l’adhésion des équipes est simple. Il faut toujours être porté par un projet qui renouvelle la motivation des équipes. »

L'homme qui rêve de digitaliser le gazon

A peine deux ans après son entrée dans l’entreprise, Arnaud Dugast rachetait Sitoflor à son ancien patron avec comme nouveau défi de digitaliser le business du gazon auprès des particuliers.

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