Biocombustibles valorise une forêt d’opportunités

Biocombustibles a inventé un modèle économique où la structuration de la filière bois-énergie à l’échelle du territoire normand porte la croissance d’entreprises locales et contribue à maîtriser le coût de l’énergie.

« Nos ingénieurs identifient de nouveaux débouchés pour valoriser les déchets à base de bois présents sur les sites industriels. » Jean-Jacques Ribot, Président de Biocombustibles

Visionnaire et solidaire

Face à l’envolée du prix des énergies fossiles, de nombreuses collectivités ont investi au cours des années 90 dans des réseaux d’énergie renouvelable. Si aujourd’hui il semble tout à fait normal d’utiliser la géothermie ou la biomasse pour fournir du chauffage et de l’eau chaude sanitaire à des logements collectifs, des écoles ou encore des piscines, à cette époque, beaucoup de maîtres d’ouvrage passaient pour des doux rêveurs. Pourtant, ces décideurs publics avaient compris bien avant les autres que, faute d’envisager des sources d’énergie renouvelables adaptées aux enjeux d’un territoire, les tarifs pourraient vite devenir insupportables pour les administrés voire même pour les entreprises. « C’est pour répondre à cet enjeu que Biocombustibles est née en 1996 dans la continuité du Plan Bois-Énergie et Développement local », précise Jean-Jacques Ribot, son président. « Les collectivités territoriales ont souhaité sécuriser l’approvisionnement d’une chaufferie bois et donc assurer un prix stable de l’énergie sur une longue durée. Pour cela, il a fallu organiser la filière et donc fédérer les acteurs qui fournissaient la biomasse, c’est-à-dire, les exploitants forestiers et les scieurs. Ce sont aujourd’hui les principaux actionnaires de Biocombustibles. Même si nous disposons d’un statut d’entreprise privée, nous fonctionnons comme une coopérative en visant toujours l’intérêt commun. »

Le bois, une ressource stratégique

L’organisation de la filière visait également à valoriser les ressources à l’échelle d’un territoire. À l’époque, 50 % d’une grume de bois, c’est-à-dire les copeaux issus des scieries, partaient en décharge. Aujourd’hui, nous faisons en sorte que toutes les parties d’un arbre soient valorisées selon leurs spécificités. Pour fournir un bois de qualité aux scieries, Biocombustibles intervient très en amont. Ses équipes identifient des terrains où les forêts ne sont pas suffisamment entretenues et proposent aux propriétaires de couper les arbres pour replanter des essences plus nobles. Chaque année, 30 chantiers de ce type sont menés en Normandie, encouragés par des initiatives publiques. Les résultats sont là puisque sur les 3 millions de m3 de biomasse produits chaque année par cette région, Biocombustibles parvient à en récolter puis en transformer 1,3 million de m3. « Si une forêt n’est pas entretenue, elle s’appauvrit. À travers notre approche, nous contribuons à la renouveler en permanence. C’est d’autant plus important que la forêt couvre 14 % de la Normandie. » La région peut compter sur la créativité entrepreneuriale des équipes de Jean-Jacques Ribot. L’entreprise est devenue au fil des années un groupe dont les activités ne cessent de se diversifier. Au-delà de la vente de combustible bois sous toutes ses formes, Biocombustibles propose également, via sa filiale Biodistribution, du paillage d’ornement, des traverses de bois, du mobilier urbain et des jeux en bois et exporte même son modèle désormais en Bretagne.

Dynamiser l’économie du territoire

En organisant la filière bois-énergie, Biocombustibles dynamise l’économie de l’ensemble du territoire. « Nous collaborons en partenariat étroit avec 150 entreprises de la région avec un impact direct sur 22 000 emplois. » Jean-Jacques Ribot mise également sur l’innovation. « Nous venons d’embaucher deux nouveaux ingénieurs dont la mission consiste à identifier de nouveaux débouchés pour les déchets à base de bois présents sur les sites industriels. Souvent, les palettes servant à acheminer des matières et des produits sur les sites sont détruites ou mises en décharge. Désormais, nous proposons aux industriels de les utiliser pour produire leur propre énergie. » Biocombustibles pousse très loin la valorisation du bois sous toutes ses formes, y compris des cendres. Elles sont réutilisées sur des exploitations agricoles pour fertiliser les terres avec une philosophie simple : « Ce qui vient du sol doit retourner au sol ».

Un réel fournisseur d’énergie

Biocombustibles revendique sa position de fournisseur d’énergie au même titre que les grands noms du secteur. « Nous ne commercialisons pas des volumes de bois. Nous nous engageons sur une production de mégawatts heure annuels. » Résultat, les entreprises adhèrent de plus en plus à cette offre alliant compétitivité tarifaire et réduction de l’empreinte carbone en privilégiant une économie circulaire. Elles pèsent désormais 45 % du chiffre d’affaires du groupe – 20 millions d’euros –, contre 40 % pour les réseaux de chaleur collectifs et 15 % pour les particuliers. Et dans ce domaine, Biocombustibles est une fois encore particulièrement créatif. « Les personnes peuvent être réticentes à s’équiper de chauffage individuel fonctionnant au bois – granulés bois ou bûches – en raison notamment des questions d’approvisionnement. Alors nous avons développé un système de drive en libre-service, comme pour la grande distribution, répartis au plus près de nos clients. » Dans la lignée de son engagement solidaire, l’entreprise met gracieusement à la disposition de ses clients des camions de livraison. « En encourageant les personnes à s’équiper de poêles automatisés, nous valorisons la performance énergétique de la biomasse. Une installation de ce type a un rendement énergétique de 96 %. Cela veut dire qu’elle restitue la quasi-totalité de l’énergie qu’elle consomme. C’est une des réponses aux enjeux majeurs liés à la précarité énergétique. »

Créateur d’emploi local

Portée par son activité, l’entreprise emploie 50 collaborateurs avec plus de 10 nouveaux postes à pourvoir dans les prochains mois. Parmi eux, des chauffeurs de camions, des conducteurs d’engins, des responsables de site ou qualité, des comptables… Principal critère de recrutement ? La motivation. « Nous recherchons des personnes qui vont s’intégrer rapidement à l’entreprise et qui partagent sa philosophie. Nous mettons tout en œuvre pour favoriser le bien-être au travail et associer les salariés aux succès obtenus avec pour conséquence un turn-over particulièrement faible. »

Un travail d’équipe à l’échelle d’un territoire

Depuis plus de 20 ans à la tête de Biocombustibles, Jean-Jacques Ribot est convaincu que la réussite d’une entreprise est forcément collective. « Nous plantons l’arbre ensemble et nous récoltons les fruits ensemble. » Cette vision dépasse largement les frontières du groupe. Elle s’appuie sur les collectivités territoriales, l’État, mais aussi sur les banques. « Nous les invitons régulièrement à venir sur nos sites pour qu’elles comprennent notre métier. Nous collaborons ainsi étroitement avec la Société Générale qui nous accompagne dans nos besoins de fonds de roulement, nos investissements en matériel mais également sur des opérations immobilières. Notre partenaire comprend très bien nos enjeux grâce à son ancrage territorial. Il a ainsi financé, à travers un crédit-bail, la construction d’un nouvel entrepôt situé à la périphérie de Caen destiné à stocker le bois. Et bien évidemment, son architecture a été étudiée pour qu’il s’implante totalement dans son environnement. »

Chiffres clés

  • 65 chaufferies collectives fournies

  • 8 chaufferies industrielles fournies

  • 320 000 tonnes de bois livrées en 2016

  • 55 000 tonnes de stock permanent

  • 1 500 tonnes de bois collectées tous les jours auprès des fournisseurs

  • 17 plateformes logistiques

Philippe Legrain, Directeur général de Concept 1900

Tu me fais tourner la tête…

Concept 1900, concepteur de manèges installé dans le Nord de la France, a su transformer un marché traditionnel en une activité dynamique tournée vers l’export grâce à une stratégie fondée sur l’innovation.

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