Un avenir prometteur pour les cultivateurs de coton burkinabés

Des périodes des sécheresse plus longues et l'érosion des terres affectent les moyens de subsistance des cultivateurs de coton au Burkina Faso. Un programme fournissant des financements et des formations aux agriculteurs veut changer la donne. Ce récit fait partie d'une série sur le travail d'IFC pour soutenir la création de marchés, donnant de nouvelles opportunités pour les populations des pays en développement. Ces approches innovantes ont aidé à résoudre les problèmes les plus pressants dans certains pays, ou parfois, dans des régions entières.

BOBO-DIOULASSO, Burkina Faso—Depuis trois générations, la famille de Kakuy Ouanko dépend de la vente du coton et des céréales comme source de revenu. A chaque saison, la taille de la récolte reste le facteur majeur qui va déterminer la quantité de nourriture qu'aura l'agriculteur de 33 ans pour l'année, ainsi que s'il aura les moyens d'envoyer ses trois enfants à l'école.

Mais le rendement des récoltes devient de plus en plus imprévisible dans l'ouest du Burkina Faso, où Kakuy exploite la ferme familiale avec l'aide de ses frères. En raison du changement climatique, les pluies sont moins régulières et parfois trop intenses, ce qui entraîne des périodes de sécheresse plus longues et une érosion des terres qui nuit à la productivité. L'impact est souvent dévastateur pour les petits agriculteurs de la région, qui n'ont aucune autre source de revenus.

Un projet mis en œuvre par IFC et la Banque mondiale, en partenariat avec la Société Burkinabè des Fibres Textiles (SOFITEX), vise à changer cette situation, en offrant aux agriculteurs comme Kakuy un moyen de subsistance plus sûr. C'est le premier programme lancé par IFC et la Banque mondiale dans le cadre de l'Initiative d'irrigation du Sahel, offrant aux agriculteurs des financements ainsi qu'une formation aux techniques de gestion des eaux souterraines, de récupération des eaux pluviales et d'irrigation. La stratégie vise à stabiliser et augmenter les rendements du coton, à renforcer la sécurité alimentaire et à augmenter les revenus des agriculteurs.

C'est une nouvelle approche dans une région où les traditions sont très ancrées. « Cela représente un changement remarquable dans ces pratiques agricoles datant de plusieurs décennies », explique Aissatou Eugenie Sow, spécialiste des finances à l'IFC. « Beaucoup de ces agriculteurs n'avaient jamais utilisé d'irrigation auparavant. »

Un partenariat bourgeonnant

Le Burkina Faso est le premier producteur de coton en Afrique. C'est aussi l'un des pays les moins développés du monde : le revenu moyen par habitant y est d'environ 700 dollars par an et presque les deux tiers des adultes sont analphabètes. L'économie burkinabè dépend largement de l'agriculture, un secteur qui emploie près de 80 % de la population active. Le coton pluvial en est la principale culture commerciale.

« Sans pluie, aucun engrais ne peut vous donner une efficacité optimale. La productivité et la rentabilité sont alors réduites », explique Wilfried Yameogo, directeur général de SOFITEX. Cette entreprise cotonnière, la plus grand d'Afrique de l'Ouest, traite environ 540 000 tonnes de coton brut au cours de l'année, un volume qui devrait augmenter d'environ 20 000 tonnes au cours de la prochaine saison.

IFC travaille avec SOFITEX depuis 2015, année où le groupe financier français Société Générale s'est associé à IFC pour lancer une facilité de 70 millions d'euros destinée à financer l'achat de coton brut aux agriculteurs pendant la récolte. Ceci a permis à SOFITEX de traiter et d'exporter du coton tout au long de l'année. Le programme a été renouvelé pour la troisième fois début 2017, lorsque BNP Paribas a rejoint l'initiative et la facilité s'est vue augmentée à 90 millions d'euros.

La Société Générale, arrangeur et agent de la facilité, soutient depuis longtemps SOFITEX, et finance le secteur cotonnier au Burkina Faso depuis 20 ans.

« Couplés à la mise en œuvre par SOFITEX d'un plan d'action environnemental et social, ces financements de campagnes cotonnières contribuent encore plus à des impacts positifs sur le secteur agricole. Le secteur est central à l'économie du Burkina Faso et fournit des revenus directs et indirects à environ 4 millions de personnes. » Dominique Beretti, Directeur Adjoint des Ressources Naturelles et des Infrastructures de la Société Générale.

Semer le changement

Le projet d'irrigation au Burkina Faso devrait être pleinement opérationnel lors de la prochaine saison agricole qui débutera en mai 2018. L'objectif est d'atteindre 1 000 agriculteurs en quatre ans et, pour les phases futures du projet, d'atteindre la totalité des agriculteurs de SOFITEX. Il devrait couvrir une superficie totale de 3 000 hectares dans la partie sud-ouest du pays, où sont localisés les 160 000 fournisseurs de coton de l'entreprise.

Les agents de terrain de SOFITEX ont commencé à former des agriculteurs pour construire des courbes de niveau en pierre qui aideraient à retenir l'eau dans le sol après de fortes pluies, en évitant le ruissellement d'engrais, de terre arable et de matière organique. Le programme prépare également les agriculteurs à construire de petits étangs pour capturer l'eau de pluie, qui serait ensuite destinée à l'irrigation pendant les phases critiques de croissance des plantes de coton, et pour opérer et entretenir le matériel de pompage et de distribution de l'eau.

D'ici cinq saisons agricoles, le projet pourrait effectivement contribuer à une augmentation de 25 à 30 % des rendements du coton dans les régions participantes. L'adoption de pratiques durables de gestion de la terre et de l'eau peut également améliorer la productivité des céréales telles que le maïs et le sorgho plantées en rotation des cultures, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire dans la région. Le projet est soutenu par le Programme mondial pour l'agriculture et la sécurité alimentaire (GAFSP) et par les gouvernements du Canada et des Pays-Bas.

Planter l'espoir

IFC et la Banque mondiale facilitent l'investissement des agriculteurs dans la gestion des eaux souterraines, la collecte des eaux pluviales et l'irrigation à travers un prêt de 5.85 millions de dollars par l'intermédiaire de quatre institutions financières locales : Bank of Africa, Ecobank, Le Réseau des Caisses Populaires et Coris Bank. Les agriculteurs recevront une subvention du Partenariat mondial pour l'aide basée sur les résultats (GPOBA), qui regroupe des bailleurs de fonds et des organisations internationales géré par la Banque mondiale.

Après une saison particulièrement sèche cette année, Kakuy envisage maintenant de travailler dans une mine d'or une fois la récolte terminée, mais il est prêt à investir dans la gestion de la terre, l'eau et de l'irrigation si une assistance technique et financière est disponible. Si les résultats sont bons, il sait déjà quoi faire avec le revenu supplémentaire : « J'achèterai un terrain pour construire une maison. »

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