Développer sa présence à l'export : focus sur les opportunités en Côte d'Ivoire

Neuf entreprises innovantes françaises ont été sélectionnées pour participer à la "Mission Smart Energy Côte d'Ivoire". Cette initiative de la Société Générale et de Bpifrance, en partenariat avec Business France, promeut et accompagne l'excellence française sur ce territoire en forte croissance, dans le cadre de sa transition énergétique.

La Côte d’Ivoire est signataire de la COP21 et est très active dans le domaine de l’électricité verte. À tel point qu’elle va investir 15 milliards d’euros dans ce secteur d’ici 2030. Des projets photovoltaïques, biogaz…commencent à émerger. L’Afrique de l’Ouest est sans nulle doute une terre d’opportunité de développement pour les entreprises françaises.

Interview d'Alain Piou, Directeur du Commerce International.

Sur quels critères et de quelle manière ont été sélectionnées les 9 entreprises ?

Nous avons décidé de travailler cette année, avec nos partenaires Bpifrance et Business France, autour du thème de la smart Energy. La smart Energy, c’est la capacité des entreprises à rendre la production ou la distribution d’énergie plus efficace, plus économe et plus propre.

Nous avons privilégié également les énergies non fossiles dans le cadre de la journée mondiale de l’environnement le 5 juin, qui marquait le point de départ de cette Mission d’accompagnement.

Sur cette base, Société Générale et Bpifrance avons sélectionnées dans nos portefeuilles respectifs des PME et ETI performantes et/ou innovantes qui répondent à ces enjeux que représente la smart Energy. Leur point commun : avoir la volonté de développer rapidement leur business en Afrique de l’Ouest et plus particulièrement en Côte d’Ivoire.

Le but ultime, l’objectif commun de cette initiative est d’aider ces entreprises à trouver et rencontrer les bons contacts dans le pays pour accélérer leur développement et la réussite de leur démarche à l’export.

Que proposent-elles ?

Les nouvelles technologies sur la smart-grid, le MtoM et sur l’efficacité énergétique dans son ensemble, sont des secteurs de grandes opportunités pour des entreprises françaises innovantes.  Nous avons donc choisi des sociétés qui proposent de nouvelles solutions de production et d’économies d’énergie, et qui prennent en compte les spécificités de ce pays.

Elles sont expertes dans l’autoconsommation. Ou encore dans les drones qui permettent de surveiller les lignes à très haute tension beaucoup plus facilement. La Côte d’Ivoire exporte de l’électricité à ses voisins grâce à ces lignes, des drones peuvent donc lui être très utiles. Le but étant de valoriser les entreprises et le savoir-faire.

Nous avons choisi :

  • Des concepteur/producteurs d’énergie solaire puisque la Côte d’Ivoire, signataire des accords de la COP21, encourage le développement de ce type d’énergie notamment en autoconsommation pour les entreprises industrielles ;
  • Un fabricant d’éclairage public photovoltaïque, entreprise familiale déjà implantée en Afrique mais qui souhaite y développer encore son activité ;
  • Des spécialistes de l’autoconsommation sur des projets en électricité industrielle ;
  • Un spécialiste de la récupération d’énergie pour la recycler ;
  • Un spécialiste des drones de survol des grandes infrastructures de transport électrique (ligne à Très haute tension) ;
  • Enfin, nous avons demandé à l’un des grands du BTP français, le groupe FAYAT au travers de sa filiales Fayat Energie Services, d’accompagner ces PME comme un parrain.

Pourquoi avoir choisi prioritairement la Côte d'Ivoire pour promouvoir cet accompagnement ?

La Côte d’Ivoire est certainement le pays le plus mature en Afrique de l’Ouest la question des énergies renouvelables et des innovations. Elle a d’ailleurs de très nombreux projets, comme celui d’une de la centrale biomasse d’Aboisso, conduit par SIFCA, opérateur privé, et qui fonctionnera avec des résidus de palmeraies.

Plusieurs appels d’offres sont intervenus pour développer l’énergie verte et la Côte d’Ivoire fait de la production d’électricité un axe fort de sa politique de développement.

Mais l’Afrique dans son ensemble est aussi pour Société Générale comme pour Bpifrance, le cœur de leur stratégie de développement et d’accompagnement à l’international.

Un accord de coopération en ce sens a été signé par les deux banques en 2017.

Société Générale est présent depuis près de 60 ans en Côte d’Ivoire, est le leader de la banque de détail dans ce pays (SGBCI), et à renouvelé sa conviction que l’Afrique est un territoire d’opportunités et de croissance. Avec 17 banques de détail à travers le continent et la volonté de poursuivre l’ouverture de nouvelles franchises, Société Générale veut continuer à renforcer sa présence et aider au développement des économies africaines.

Que représente ce marché pour les entreprises françaises qui souhaitent exporter leurs technologies ?

Il s’agit avant tout pour elles de développer des partenariats concrets et pourquoi pas des co-entreprises. Abidjan a été nommée ville durable par le Secrétaire d’Etat français au commerce extérieur en 2016.  Des entreprises et des investisseurs travaillent depuis à la coopération des entreprises sur place pour lancer des projets communs entre les deux pays, visant à créer la ville du futur, respectueuse de l’environnement.

Le pays ne manque pas d’opportunités. Il prévoit ainsi d’investir plus de 15Mds€ dans le secteur de l’électricité d’ici 2030 (production, réseau, distribution…), pour la plupart financés par le secteur privé. Et la production d’électricité devrait doubler d’ici 2020. Le pays est exportateur d’électricité vers ses voisins notamment depuis la mise en service du barrage de Soubré en 2017.

Mais la compétition y est également féroce, non plus seulement entre sociétés françaises ou européennes, mais également aujourd’hui avec la présence massive de sociétés chinoises ou africaines.

Le pays a-t-il besoin des entreprises étrangères pour relever le défi de sa croissance ?

Notre objectif n’a bien sûr rien à voir avec les anciennes méthodes européennes sur le continent africain. Il s’articule autour d’un but commun avec la Côte d’Ivoire, ou des autres pays avec lesquels nous collaborons et vers qui nous accompagnons les entreprises : celui de développer des solutions ensemble, à travers des projets communs.

Mais nous n’arrivons pas sur un terrain conquis. L’Afrique est une terre de tous les possibles mais il faut être humbles et patients.

Plusieurs des entreprises que nous avons accompagnées l’ont bien compris ; C’est en travaillant main dans la main avec des investisseurs et des entreprises ivoiriennes que les français pourront remporter le plus de marché.

C’est ce qu’a rappelé Alexandre Maymat, Responsable de la Région Afrique/Asie/Méditerranée aux entreprises à Abidjan. C’est désormais le modèle de développement africain qui doit prévaloir sur le continent et non plus le modèle européen en Afrique.

Vous avez accompagné ces entreprises début juin à Abidjan pour 4 jours. Comment les rencontres se sont-elles passées ? Qu'en retiennent-elles ?

Les rencontres préparées par Business France ont été unanimement reconnues comme très riches par les entreprises elles-mêmes. L’objectif est clairement de faire jouer le poids de Bpifrance, de Business France et de Société Générale auprès des investisseurs et des acteurs locaux pour leur faire rencontrer ces interlocuteurs qu’elles n’auraient pas pu rencontrer sans notre intervention.

Ainsi, les entreprises intéressées ont pu obtenir des rendez-vous auprès de Mrs les Ministres de la Construction, de l’énergie, de SEM l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, du DG de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité, ex-monopole public de la distribution et désormais privatisé, ainsi que les CCEF travaillant dans le secteur de l’électricité à Abidjan et, pour certains, très actifs dans le Club Abidjan Ville Durable animé par le Service économique de l’Ambassade de France.

Les entreprises en retiennent la volonté forte de développement électrique du pays, mais également la nécessité d’être très bien implantée localement pour pouvoir efficacement développer leur business. Etre présent sur place régulièrement, dans la durée, c’est la recette d’une démarche à l’exportation réussie.

Comment allez-vous poursuivre cet accompagnement ? Ces 9 entreprises pourront-elles toutes travailler avec la Côte d'Ivoire ?

Nos 9 entreprises savent désormais que nous sommes très présents en Afrique, et plus particulièrement en Côte d’Ivoire avec la SGBCI. Elles ont fait connaissance de plusieurs acteurs clés du secteur. Mais nous allons poursuivre notre travail d’accompagnement auprès d’elles en répondant à leur demande de financements et de sécurisation de leurs transactions. Notre rôle de banquier et d’expertises se jouent au quotidien auprès d’elles.

De plus, nous avons programmé de nous revoir dans 6 à 8 mois pour faire le point sur les opportunités qu’elles ont engrangées durant cette mission, faire un partage d’expériences et un suivi. Déjà plusieurs d’entre elles nous ont révélés avoir des pistes sérieuses d’opportunité commerciale.

Comment imaginez-vous l'avenir de ces entreprises françaises, et d'autres, sur le continent africain ?

Le continent africain est la terre du "tout est possible". Cependant, il faut être préparé et patient. Nos 9 entreprises le savent ! Je leur prédis un bel avenir car elles ont désormais des clés supplémentaires pour réussir.  Elles pourront aussi à l’avenir s’appuyer sur l’accompagnement de Société Générale, Bpifrance et Business France C’est aussi cela le "Chasser en meute" dont nous avons fait notre leitmotiv lors de ces missions !

Alexandre Maymat, Responsable de la région Afrique/Asie/Méditerranée et Outre-mer, Banque et Services Financiers Internationaux

Une ambition africaine forte pour Société Générale

Investissements, nouveaux marchés, expansion géographique, le responsable Afrique pour Société générale Alexandre Maymat expose la stratégie de l’établissement pour faire face à la concurrence. Sous l’impulsion d’Alexandre Maymat, patron depuis 2012 de la région Afrique & outre-mer, Banque de détail à l’international, Société Générale a accéléré son développement sur le continent, qui ne représente pourtant qu’environ 5 % de son PNB.

Lire l'interview d'Alexandre Maymat