Les placements privés

A l'occasion d'un événement qui a réuni la semaine dernière à Paris une cinquantaine de PME et ETI françaises clientes de Société Générale, Laurence Mouratille-Levy et Guy Silvestre, respectivement directrice associée et responsable du département Global Capital Markets de Société Générale Mid Cap Investment Banking (MCIB), nous expliquent le rôle que les placements privés jouent dans le financement pérenne de l'économie.

Laurence, quel est l'état du marché des placements privés aujourd'hui ?

Les 3 marchés de placements privés ont connu une croissance dynamique sur les dernières années :

  • Le marché du placement privé en USD (USPP), marché historique dont les volumes sont en moyenne de ~ 50 Mds$ chaque année ;
  • Le marché du Schuldschein (SSD), dont les volumes ont connu une forte progression en 2015 et 2016, tirés par les conditions de prix offertes aux émetteurs (26 mds€ en 2016 contre 8 mds€ en 2013*) ;
  • Le marché du placement privé en euro (EuroPP), marché créé en 2012, dont les volumes en France sont de l'ordre de 3-4Mds€ par an, qui se démocratise et permet aujourd'hui à des sociétés de taille plus petite d'accéder à la désintermédiation. Le marché des placements privés permet aux émetteurs de diversifier leurs sources de financement au-delà de leur pool de banques traditionnelles (ce qui est un atout notamment lors d'opérations de croissance externe), en profitant de ressources plus longues pour gérer leurs besoins.

Il s'agit d'un bon moyen, notamment pour les sociétés non cotées, de travailler et professionnaliser leur communication financière et institutionnelle, à la fois au moment de l'émission du placement privé, ainsi que pendant toute sa durée.

Au fil du temps, les investisseurs sont devenus plus nombreux et affûtés en termes d'organisation, de choix des transactions (analyse financière) et de suivi dans le temps des opérations. Enfin, les arrangeurs animent le marché et mettent en place les transactions, en les structurant et en les plaçant, en trouvant un juste équilibre entre les impératifs des émetteurs et les besoins des investisseurs.

Laurence, pourquoi une entreprise choisit-elle de faire appel à du financement désintermédié ?

Les placements privés sont très complémentaires des placements bancaires classiques et répondent à des besoins différents. Lors de notre conférence où nous avions convié des entreprises à venir partager leur expérience des placements privés, les arguments en faveur d'un tel instrument résidaient principalement dans :

  • La recherche de ressources financières additionnelles et complémentaires ;
  • La diversification et l'internationalisation de la base des investisseurs ;
  • Une durée de financement plus longue, dans des conditions financières attractives.

Même si nous ne sommes pas encore en Europe au ratio 80-20 du marché américain (80 % de financement désintermédié – 20 % de financement bancaire), globalement, les placements privés s'imposent de plus en plus comme un moyen de financement incontournable pour les PME européennes, cotées ou non cotées. Certaines entreprises présentes avaient d'ailleurs déjà émis des EuroPP et des SSD, d'autres avaient adossé un crédit syndiqué à un EuroPP. Enfin, certaines avaient effectué un USPP. La combinaison de ces 2 types de financement (désintermédié et classique) permet une structuration optimale de la dette pour l'entreprise.

Guy, quelle évolution envisages-tu pour les placements privés ?

Grâce aux réformes passées ou en cours, le marché du placement privé s'est ainsi développé et professionnalisé, les frontières se sont atténuées entre les opérations corporate et celles qui sont plus leveragées, ou plus structurées, ce qui apporte aussi plus de profondeur au marché et donc plus d'attractivité.

Quant à Société Générale, qui a d'ailleurs de longue date soutenu le développement de ce marché du placement privé**, elle met ainsi à la disposition des PME et ETI l'ensemble de la plateforme de la banque, leader sur ce marché, avec :

  • Les équipes d'origination, qui conseillent au mieux les émetteurs, en étant agnostiques entre les différents produits de placement privé (EuroPP, SSD, USPP) ;
  • 3 équipes de syndication (à Paris pour l'EuroPP, à Francfort pour le Schuldschein et à New York pour l'USPP) ;
  • L'ensemble de la force de vente en lien avec les investisseurs.

"La désintermédiation est pleinement soutenue par les pouvoirs publics dans une optique d'équilibre du financement de l'économie. Que ce soit le Trésor, la Banque de France, en lien avec toutes les associations représentatives de la place en France (AMAFI, Paris Europlace, AFTE, CCIP, FFSA, FBF, AFG, etc.) et en Europe avec l'ACMI, mais aussi les acteurs bancaires, tous souhaitent que le marché des placements privés se développe davantage au bénéfice des PME et ETI."

* Source : Société Générale

**  Société Générale, leader du Groupe de travail sur la Charte EuroPP, initiateur du premier partenariat avec un assureur de premier plan (AXA), arrangeur Top tier des League Tables, animé par une vision à long terme du financement de l'économie mid market, plus équilibrée entre banques et investisseurs, contributeur en 2015 du cahier vert de la Commission Européenne (CMU), ainsi qu'à son update en 2017, les Placements Privés étant l'un des 4 piliers de cette initiative visant un financement pérenne de l'économie Midmarket au niveau européen.

Des médicaments prometteurs contre les maladies rares

"Lysogene est devenu un acteur de référence sur les maladies neurologiques rares. Les besoins en financement de notre société évoluent rapidement pour coller aux cycles courts des études et du développement des programmes thérapeutiques. Une introduction en bourse était la solution la plus adaptée à ce stade. Le soutien de nos partenaires financiers historiques et l’accompagnement des équipes de Société Générale sur cette opération structurante ont été essentiels. Nous n’avons pas de temps à perdre et l’apport de capitaux nouveaux va nous permettre de poursuivre nos courses contre la montre.", indique Karen Aiach, fondatrice et directeur général de Lysogene.

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