Prise de risque payante pour la société MS

Cette entreprise est une parfaite illustration du modèle entrepreneurial dont nos gouvernants font la promotion : une PME qui fait de la croissance, crée des emplois en France et exporte son expertise à travers le monde.

Créée en 1976 et basée à Veyre-Monton, près de Clermont-Ferrand, MS est un acteur solidement installé sur ses différents marchés : le traitement et la régénération des boues de forage, le lavage des minerais et granulats, la dépollution des effluents industriels. Avec ses 75 salariés, l’entreprise réalise 80 % de son chiffre d’affaires à l’international et exporte ses stations de traitement dans une cinquantaine de pays.

Il y a 6 ans pourtant, MS traversait une passe difficile. « La crise économique est arrivée sans prévenir, se rappelle Alexandre Guillaume, le fils du fondateur, qui dirige l’affaire avec sa sœur Cécile. D’un coup, les groupes de BTP et les cimentiers ont gelé leurs investissements. Le secteur était à l’arrêt. » Un coup dur pour l’entreprise, jusqu’alors confortablement installée sur ses acquis. « Les sollicitations de nos donneurs d’ordre suffisaient amplement à nous occuper. Nous n’avions pas assuré nos arrières ».

Innover davantage

Que faire ? Geler les projets en cours, stopper les dépenses, faire le dos rond ? « La prudence conseillait ce choix, pourtant on a choisi de prendre des risques et de se projeter vers l’avant », raconte Alexandre Guillaume. Pour commencer, la famille décide de maintenir son projet de construction de 7 600 m2 de bureaux et d’usines, « un investissement lourd pour une PME de notre taille ». Parallèlement, elle redéfinit une nouvelle stratégie, mobilise les équipes sur la R&D, et décide de rejoindre un cluster d’entreprises dédié aux green-techs (EEIA à Clermont-Ferrand) : « Il fallait innover davantage ». Et surtout, elle recentre ses activités sur des marchés plus porteurs.
« On a mis l’accent sur le traitement des boues de forages rejetées par les tunneliers, un débouché prometteur, sur lequel il y avait de beaux projets à prendre à l’étranger, et sur lequel on a obtenu des retours très rapides », explique le PDG.

Une farouche envie de réussir

En quelques années, l’entreprise change de dimensions, de débouchés, de clients. « De 2008 à 2013, la part du chiffre d’affaires réalisée à l’export a doublé, elle est passée de 50 % à 80 % de l’activité ». Le métier d’origine, assis sur les carrières et sablières qui représentait 60 % des ventes, ne compte désormais plus que pour un tiers. Aujourd’hui, MS est leader mondial du traitement et de la régénération des boues de forage de travaux souterrains. Avec de belles références de chantiers à son actif, que ce soit à New York, Hong Kong, au Caire, à Sydney ou encore à Lyon, pour l’extension du métro. Le pari fait en 2008, en plein cœur de la crise, a payé. Pourtant, rien n’était acquis au départ. « On était conscient du risque encouru, mais on est parti avec la farouche envie de réussir », conclut Alexandre Guillaume. Dans l’adversité, l’audace et la volonté sont deux précieux alliés.