« Oser investir pour grandir »

Interview d'Anne Bucheli, Directrice du Marché Entreprises Société Générale

Vous connaissez bien les problématiques de développement des PME. L’investissement est-il un préalable indispensable à la création de croissance ?

Anne Bucheli : Oui, c’est un constat largement partagé. Parmi la population des entreprises, celles qui s’en sortent le mieux sont celles qui investissent. Leurs dirigeants se fixent un cap, des objectifs, et se donnent les moyens, notamment financiers, de les concrétiser. Cela dit, décider d’investir est un choix lourd de conséquences. Quel que soit le projet visé - moderniser l’outil de production, engager un processus d’innovation, mettre en place un plan de développement à l’export, réaliser une opération de croissance externe - cette décision engage l’entreprise sur le moyen, voire le long terme. Il faut donc choisir les bons interlocuteurs et les bons modes de financement.

De quelles solutions les dirigeants d’entreprises disposent- ils pour financer leurs investissements ?

A.B. : Il en existe plusieurs. Celle que privilégient souvent en premier les dirigeants, et notamment ceux qui sont à la tête d’une entreprise familiale, est l’autofinancement. Néanmoins, ce mode de financement n’est pas toujours évident à mettre en œuvre, car il nécessite un volant de trésorerie important. De ce point de vue, si l’on n’a pas les coudées franches, on prend le risque d’affecter le bon fonctionnement de l’entreprise. Autre limite : l’autofinancement ne permet pas d’optimiser les avantages fiscaux liés à l’investissement. Pour ces raisons, de nombreux chefs d’entreprises recourent aussi au financement bancaire. Cette option a l’avantage de permettre de réduire l’impôt sur les sociétés, puisque les charges de remboursement sont, en général, totalement déductibles du résultat imposable. Elle donne également accès à une gamme de solutions de financement, adaptée aux besoins de chaque entreprise, que ce soit pour investir dans des machines, réaliser un projet immobilier, renouveler un parc informatique, acquérir une flotte de véhicules…

Lever de l’argent est une chose, mais cela ne fait pas tout. Qu’attendent les chefs d’entreprises de leurs partenaires financiers ?

A.B. : En effet, la relation ne se limite pas à un simple transfert de fonds. Dans un contexte où l’enjeu pour les entreprises est de trouver des relais de croissance, notamment sur les marchés extérieurs à fort potentiel, les chefs d’entreprises ont besoin de disposer de ressources financières spécifiques, mais aussi d’un véritable accompagnement. Comme nous le constatons sur le terrain, ce qu’ils attendent, c’est une expertise forte. Mais aussi une relation de proximité. Ils veulent pouvoir parler à des interlocuteurs qui les connaissent et vont traiter rapidement leur demande. Ils veulent aussi, lorsque leurs besoins portent sur un domaine d’expertise particulier, pouvoir s’adresser à un spécialiste, en capacité de les guider et de les conseiller dans leurs choix. C’est là aussi que se situe la valeur ajoutée d’un partenaire financier.