« Nous vendons en une semaine ce que nous vendions en une année ! »

Chez Bigot Fleurs, ils ont la fibre entrepreneuriale ! C’est la troisième génération qui se succède, avec à chaque fois la création d’une nouvelle entreprise. L’histoire démarre en 1958, lorsque le père, Jean Bigot, crée une entreprise de production et vente de roses et d’oeillets.

En 1988, son fils Jean-Philippe rejoint le groupe après avoir lancé sa propre entreprise de production de tulipes. Dernièrement, c’est Nicolas, le petit-fils, qui a lancé en 2011 son activité de vente en ligne de fleurs, les Fleurs de Nicolas. « Chez nous, la légitimité ne s’acquiert pas par le sang, mais par les idées et les innovations », déclare Jean-Philippe.

53 hectares de serres au Kenya

Et des idées, il n’en manque pas. Lorsqu’il reprend les rênes du groupe familial à la fin des années 80, il réfléchit à l’internationalisation. « Le pan historique de notre activité, la production de roses en France, s’érodait. Il y avait une certaine pression sur les prix », raconte Jean-Philippe. Le projet met quelques années à mûrir mais en 2002, il se jette à l’eau : « Il fallait monter dans le train ! Ce qui ne s’est pas fait sans mal. Nous étions une PME avec un fort ancrage régional, ça a été une course de fond car il faut une certaine endurance ». Direction le Kenya, c’est là qu’il implante ses 53 hectares de serres de production de roses, car les conditions en termes de compétences et de climat y sont optimum. Avec succès puisqu’il produit là-bas près de 80 millions de tiges par an, qu'il a multiplié par trois ses effectifs en France ainsi que son chiffre d’affaires. « Cette création d’activité au Kenya a permis non seulement de développer l’activité française, mais aussi d’accrocher des marchés à l’international. Aujourd’hui, nous vendons des fleurs en Grande-Bretagne, en Allemagne, dans les pays scandinaves… Deux tiers de notre chiffre d’affaires sont réalisés à l’export. C’est simple, nous vendons en une semaine ce que nous vendions en une année quand j’ai commencé ! ».

Un engagement pour le commerce équitable

Mais Jean-Philippe insiste : cette implantation au Kenya n’est pas une délocalisation. Et surtout, elle s’est faite dans le souci des populations. « Nous voulions donner du sens à notre engagement en Afrique. Quand vous vous rendez compte que sur place près de 50 % de la population est au chômage, vous avez envie de faire bouger les choses. » Le groupe a obtenu le label Max Havelaar, qui garantit qu’une partie des bénéfices de la vente des roses bénéficie au personnel africain pour la réalisation d’opérations sociales (construction d’un village, vaccinations…). « C’est peut-être là aussi notre spécificité d’entreprise familiale. L’homme est au cœur de nos préoccupations. On ne travaille pas pour travailler : ce qu’on veut c’est créer une dynamique avec un engagement fort des équipes et des hommes. »