Dialogue et transparence

Position de Société Générale en réaction au rapport d'Oxfam

27/10/2020

Vous nous avez transmis des éléments concernant la publication prochaine d’un nouveau rapport d’Oxfam sur les banques et le climat et l’évaluation de l’empreinte carbone de Société Générale y figurant.

Les données publiées dans le rapport, basées sur une extrapolation de l’empreinte économique sectorielle des banques datant de fin 2017, ne reflètent pas les efforts significatifs engagés en matière de transition écologique ces dernières années par les banques et les entreprises qu’elles accompagnent. Un euro financé ou investi dans un secteur donné n’a en effet pas le même impact carbone selon les critères RSE appliqués par la banque et l’entreprise.

L’alignement progressif des activités économiques avec des trajectoires permettant la limitation du réchauffement climatique est un enjeu crucial qui mérite le recours à des approches transparentes pour mesurer et piloter les impacts. C’est le sens des efforts engagés par cinq banques européennes dont Société Générale (dans la cadre de l’accord de Katowice) qui viennent d’aboutir à la définition d’une méthodologie robuste et applicable à tous les acteurs bancaires (cf. création d’un outil de mesure des portefeuilles de crédit open source basé sur la méthodologie PACTA for Banks du Think tank 2 Degrees Investing Initiative).

Cette méthodologie offre l'avantage d'une approche dynamique et sectorielle adaptée au niveau actuel de disponibilité des données climatiques des entreprises. Le secteur financier intervenant en support d'une économie encore très largement carbonée, il n'est pas surprenant que le scope 3 d'une banque à vocation universelle puisse encore paraître important. La question est plutôt d'évaluer la capacité de l'établissement à réorienter ses portefeuilles à un rythme acceptable au regard des scénarios climatiques, et à le faire en aidant la transition énergétique de ses clients les plus carbonés.

Compte-tenu des avancées réalisées ces dernières années, le secteur bancaire français est
incontestablement reconnu comme un leader dans la finance verte, notamment par les agences
de notation extra-financières. Société Générale est activement engagée en faveur de la transition
écologique volontariste et annonce régulièrement de nouvelles mesures pour 1/ réduire son
exposition aux secteurs les plus émetteurs et 2/ soutenir le développement des énergies
renouvelables.

En juillet dernier nous avons ainsi durci notre politique sur le charbon thermique parmi les plus
strictes du secteur bancaire pour assurer notre retrait de l’industrie du charbon en 2030 dans les
pays de l’Union européenne et de l’OCDE, et en 2040 dans le reste du monde. Nous avons
également annoncé un nouvel objectif de contribution à la transition énergétique à hauteur de
120 milliards d’euros entre 2019 et 2023.

Il s’agit de continuer à enrichir nos engagements RSE en lien avec les enjeux collectifs et les
attentes de nos parties prenantes. Suivant la méthodologie PACTA, et en réponse à
l’engagement de Société Générale dans le cadre du Collective commitment for climate action des
Principles for Responsible Banking, nous allons publier des objectifs d’alignement de nos
portefeuilles, secteur par secteur. Ils engloberont nos engagements existants sur le secteur du
charbon thermique et incluront notamment le suivi de la réduction du portefeuille crédit pétrole et
gaz.

Réponse concernant notre soutien à la filière éolienne en France

13/02/2020

Société Générale est pleinement engagé dans la transition énergétique dans les différents marchés dans lesquels le Groupe intervient. Face au facteur de risques que constitue le changement climatique dans les décennies qui viennent, le Groupe est attaché à accompagner les gouvernements et les acteurs du secteur énergétique dans le développement de solutions bas carbone. La filière éolienne participe à cette nécessaire évolution.

En France, l’action du Groupe s’inscrit dans les objectifs fixés par la Loi de transition écologique et la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Attentifs aux débats actuels, nous avons noté la création récente d’un groupe de travail par le ministère de la Transition écologique et solidaire visant à un développement harmonieux de l’éolien, en termes de maîtrise des risques et nuisances, d’analyse paysagère des dossiers éoliens et de répartition équilibrée des projets éoliens sur le territoire.

Les acteurs de la filière éolienne que nous accompagnons font l’objet, comme nos autres clients, d’un ensemble de due diligences financière, en matière de conformité et de réputation afin de s’assurer qu’ils répondent aux critères du Groupe.

En outre, lorsque Société Générale intervient (en conseil ou financement) pour soutenir un projet entrant dans le périmètre des Principes de l’Equateur* , le Groupe conduit une revue des impacts potentiels sur le plan environnemental et social (E&S) associés au projet.
Société Générale dispose enfin d’une politique E&S Biodiversité** qui précise le cadre qu’elle applique en la matière.

* www.equator-principles.com/
** politique_transversale_biodiversite

Position de Société Générale en réaction au rapport d'Oxfam : La colossale empreinte carbone des banques

28/11/2019

Nous avons pris note des éléments que vous nous avez transmis concernant la publication prochaine du rapport Banques et Climat et l’évaluation de l’empreinte carbone de Société Générale y figurant. Nous avons également étudié la note méthodologique présentant les éléments vous ayant permis d’atteindre ces résultats.

Société Générale s’est publiquement engagé  à développer et mettre en oeuvre des méthodologies d’évaluation de l’alignement de ses portefeuilles avec l’Accord de Paris, dans un premier temps avec quatre autres banques, lors de la COP 24 de Katowice, et plus récemment, avec 31 autres banques et le soutien de l’UNEP-FI, dans le cadre de l’engagement commun pour le climat annoncé en marge de la signature des Principes de la Banque Responsable. Nous avons démarré ces travaux.

Dans ce contexte, nous contestons plusieurs des choix méthodologiques qui ont été faits pour la réalisation de l’étude que vous nous avez transmise et qui entraînent une surestimation de l’empreinte carbone de notre établissement.

L’étude amalgame des activités qui ne contribuent pas de la même façon au soutien des énergies fossiles.
Il n’est pas légitime à notre sens de considérer sur le même plan des activités de natures différentes comme le financement (octroi de crédit), l’investissement pour compte de tiers, et certains services comme les émissions obligataires. Ces dernières activités impliquent notamment d’autres acteurs financiers que notre établissement, et lui attribuer les émissions associées conduit à surestimer son empreinte carbone.

Les pondérations utilisées sont volatiles et l’évolution du résultat ne reflète pas nécessairement
la stratégie de la banque ou de l’entreprise qu’elle finance sur la durée.

L’approche suivie consiste à pondérer l’intensité d’émissions associée à une entreprise par un facteur d’attribution calculé en ramenant la part affectée à notre établissement (financement de l’entreprise, détention de titres) à la valeur de l’entreprise (enterprise value). Cette approche n’est pas satisfaisante en particulier pour les portefeuilles de crédit car elle introduit une volatilité purement financière de la pondération (le cours de bourse de l’entreprise par exemple) qui n’est liée ni à l’évolution de l’exposition de la banque à l’entreprise, ni à la stratégie climatique de celle-ci, qui sont précisément les facteurs que l’on cherche à capturer par la mesure.

L’étude n’intègre que les secteurs les plus émissifs. Une vision plus complète devrait également prendre en compte le soutien de la Banque aux énergies renouvelables sur une base similaire (financements, émission d’obligations vertes…).
Selon les données Dealogic 2018 pour la région EMEA, Société Générale est n°2 sur le financement de projets renouvelables en tant que chef de file sur 20 transactions d'un montant total de 2,05 milliards de dollars US équivalents. La Banque se positionne également à la deuxième place du classement des Conseillers Financiers sur le secteur pour un montant total de 4,105 milliards de dollars US équivalents. 105 banques internationales ont été étudiées par Dealogic dans le cadre de ces classements.

Sur la période 2019-2023, Société Générale s’est engagé à contribuer à lever 120 milliards d’euros pour la transition énergétique : 100 milliards d’euros d’émissions d’obligations durables et 20 milliards d’euros en financement ou conseil au secteur des énergies renouvelables.

De façon plus générale, l’approche consistant à obtenir un seul chiffre d’empreinte carbone pour un établissement financier ne nous paraît pas la plus intéressante, en particulier à ce stade où les méthodologies sont encore peu stabilisées. La méthodologie P9XCA que nous avons utilisée durant quelques années (voir le rapport TCFD de Société Générale) donne par exemple une valeur d’environ 100 MT CO2eq pour les émissions directement financées par le Groupe en 2018, soit environ 5 fois moins que le niveau calculé selon la méthodologie de votre étude.

Nous privilégions dans nos travaux actuels les questions d’alignement sur des scénarios climatiques, qui permettent également d’intégrer la nécessaire transition énergétique dans un horizon de temps compatible avec l’Accord de Paris. En ce qui concerne la question de l’attribution, qui est complexe,
la pondération par la valeur globale du portefeuille a été choisie par un certain nombre d’acteurs extra financiers (MSCI, Morningstar / Sustainalytics ou ISS-Ethix / CDP) dans leurs ratings climat. Le think tank
2 Degree Investing Initiative a travaillé avec des établissements bancaires (dont Société Générale) sur cette base.

Nous pensons utile le débat sur les méthodologies de comptabilisation pour le secteur financier, avec ses différentes parties prenantes dont la société civile, et nous aurons à coeur de partager les méthodologies que nous utiliserons ou développerons afin de permettre l’avancée des réflexions sur ces questions complexes.

Position de Société Générale en réaction au rapport FairFinance - Oxfam

05/06/2019

Nous souhaitons réagir à la publication du dernier rapport de FairFinance France en partenariat avec Oxfam sur la politique des banques en matière de RSE, paru le 05 juin 2019.

Société Générale est convaincue de l’extrême importance des problématiques relatives aux sujets environnementaux et sociaux, et notamment à l’urgence climatique. Le Groupe accélère notamment de façon volontariste son soutien à une transition énergétique responsable vis-à-vis de l’ensemble des parties prenantes avec des progrès concrets.

Nous regrettons que l’analyse ne fasse aucune mention des avancées tangibles réalisées par le Groupe depuis le dernier rapport notamment sur les sujets relatifs à la transition énergétique, les engagements sur les droits humains ou le renforcement du cadre de gestion des risques environnementaux et sociaux. Or, dans une démarche constructive et de transparence, il nous semble indispensable de mettre en avant les progrès réalisés. De fait, nos notes progressent sur presque tous les critères par rapport au dernier rapport. 

Par ailleurs, les données brutes des banques françaises sont comparées entre elles sans prise en compte de leur taille respective, de la nature de leurs métiers bancaires et de leur poids relatif par rapport aux banques internationales face à l’enjeu de transition énergétique.

Dès 2015, Société Générale a pris l’engagement de viser à inscrire son action sur une trajectoire compatible avec un scénario de limitation à 2 °C de réchauffement climatique de l’Agence Internationale pour l’Environnement. Nous avons pris de nombreuses mesures concrètes dans ce sens, en accélérant notre soutien aux énergies renouvelables et en réduisant progressivement les activités liées aux énergies fossiles, avec en priorité une politique de désengagement sur le charbon. Ces efforts sont reconnus, Société Générale a par exemple été classée  2ème sur le financement des énergies renouvelables sur la zone EMEA ET n°1 en France en 2018 (rapport Dealogic 2019) :

  • Nous nous sommes engagés à contribuer à hauteur de 100 milliards d’euros d’ici 2020 à la transition énergétique : 78% de cette somme est déjà atteinte avec notamment 21,5 milliards d’euros de conseil et financement dans le secteur des énergies renouvelables et 56,4 milliards d’euros d’émissions d’obligations vertes dirigées ou co-dirigées par la Banque.
  • A fin 2018, le Groupe a atteint, avec deux ans d’avance, l’objectif de limiter à 19 % avant 2020, la part du charbon dans la somme des énergies que nous finançons servant à produire de l’électricité, en ligne avec les scénarios de transition.
  • Nous avons pris en mai 2019 de nouveaux engagements contre le charbon avec l’arrêt de la fourniture de nouveaux services ou produits aux entreprises clientes 1/ dont l’activité dans le charbon thermique est supérieure à 50 % ; 2/ dont l’activité dans le secteur du charbon thermique est comprise entre 30 % et 50 % et qui n’ont pas de stratégie permettant de la réduire à 30 % en 2025, ou qui ont des plans d’expansion. 
  • Sur le financement global des énergies fossiles, le rapport « Banking on Climate Change 2019 » publié par six organisations internationales indique que Société Générale ne figure qu’au 23ème rang du classement mondial des 33 grandes banques internationales. 

Nous allons poursuivre nos travaux, y compris ceux relatifs à l'alignement de l’ensemble de nos activités sur des scénarii responsables de transition énergétique dans une démarche proactive de progrès continu.

Lettre ouverte à ceux qui se mobilisent pour le climat 

Ensemble, disons oui aux solutions et non aux excès

14/12/2018 - A l’heure de la fin de la COP 24, où le sujet de l’urgence climatique et de la soutenabilité de la transition énergétique est au cœur de l’actualité en France et dans le reste du monde, sommes-nous vraiment dans deux camps opposés ?

Société Générale est l’allié de tous ceux qui s’engagent pour le climat avec des actions concrètes
Société Générale est convaincu de l’urgence et poursuit l’objectif collectif de limiter le réchauffement climatique en-dessous des 2°C. Nous avons pris des mesures concrètes dès 2015. Nous sommes aux côtés de nos clients, particuliers et entreprises pour les aider à réussir leur transition énergétique. Nous finançons massivement les énergies renouvelables, avec 100 milliards mobilisés entre 2016 et 2020 dans la transition énergétique. Nous avons arrêté tout financement dédié au charbon, au pétrole issu des sables bitumineux ou extrait en Arctique. Nous allons continuer de piloter nos activités en ligne avec des scénarios de transition responsables et dans une démarche proactive de progrès continu.

Nous disons stop aux excès, aux agressions et aux mises en scène qui font de nos salariés des boucs émissaires. 
Nous ne pouvons pas accepter que les excès et la violence se banalisent à l’encontre de nos collaborateurs. Nous disons oui au dialogue et non aux provocations et aux agressions ! Cette manifestation du vendredi 14 décembre à l’Agence Centrale à Paris intervient après plusieurs mois d’opérations de dénigrement menées sur le terrain dans les agences en France prenant à partie les collaborateurs de Société Générale. Rien ne justifie de mettre en danger la réputation et la sécurité de nos collaborateurs, en les livrant en pâture aux médias sociaux et en transformant leur lieu de travail en une scène de spectacle. L’excès engendre l’excès et nous fait perdre du temps en nous divisant et au lieu de chercher ensemble des solutions réalistes à un problème complexe. Propager des informations exagérées, simplistes ou franchement erronées, c’est recourir aux mêmes méthodes que les climatosceptiques. Restons sur le dialogue constructif.

Nous voulons travailler ensemble pour accélérer une transition énergétique réaliste au bénéfice de tous.
C’est parce que nous sommes conscients de l’importance des multiples enjeux que nous rejetons les postures dogmatiques et les tentations de “Grand Soir”. Les énergies renouvelables mettront des années à être en capacité de remplacer l’énergie fossile. Pas parce que nous ne les finançons pas, mais notamment parce que l’énergie produite, qui dépend très souvent de paramètres climatiques, ne peut pas être encore stockée ou transportée à grande échelle. Rejeter en bloc les énergies fossiles n’est donc pas réaliste. Si la réduction du charbon est bien pour nous tous la priorité n°1, le gaz, y compris le gaz de schiste, est une énergie de transition nécessaire. Lorsqu’il est extrait et suivi dans le respect de normes environnementales strictes, le gaz de schiste américain est utile à la transition énergétique parce qu’il permet d’accélérer la sortie du charbon, une priorité aux Etats-Unis et surtout en Asie, notamment en Chine et en Inde, où la demande énergétique est en croissance pour assurer une croissance indispensable à la stabilité politique et sociale des économies. Le réalisme, c’est d’arriver à concilier urgence climatique et besoins légitimes de croissance économique mondiale, notamment des pays en développement. Le réalisme, c’est aussi savoir écouter et s’adapter. Après de nombreux échanges constructifs avec l’ONG les Amis de la Terre, nous avons pris la décision d’exclure tout financement direct d’importations de gaz de schiste américain en France ; nous évaluerons notre soutien concret au projet Rio Grande au Texas, qui n’en est qu’à un stade d’études, d’ici le 1er semestre 2019, et ce soutien sera conditionné au strict respect de nos politiques environnementales et sociales. La transition énergétique ne sera efficace et acceptable que si elle appréhende de manière globale et juste socialement les exigences d’une croissance équilibrée et durable au profit de l’ensemble des citoyens de notre planète.

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