Paris sous les eaux : La crue de 1910

Janvier 1910. Paris et ses environs sont menacés par des inondations d’une ampleur inédite. Le personnel de Société Générale se mobilise pour conjurer la catastrophe. Retour en images sur la « crue du siècle ».

Inondation, Paris, 1910, la grande crue de la seine

Le 21 janvier 1910, une violente tempête s’abat sur toute la France. C’est en région parisienne que les dégâts sont les plus importants. Dans la capitale et ses alentours, la crue de la Seine provoque des inondations sans précédent. Avec environ 20 000 immeubles et la moitié du réseau métropolitain inondés, la ville connaît un ralentissement de son activité économique. Certaines agences de Société Générale sont touchées. En proche banlieue, les guichets de Levallois, Clichy, Asnières, Ivry et Vitry sont sinistrés. Les dommages matériels concernent pour l’essentiel les salles de coffres, situées dans les sous-sols. Si l’agence du faubourg Saint-Honoré parvient à sauver ses valeurs, celle du boulevard Saint-Germain perd une soixantaine de coffres, malgré le recours à trois pompes et la mise en place de murets de protection. L’agence de rue de Lyon, quant à elle, est envahie par deux mètres d’eau. Elle perd non seulement la totalité des contenus des coffres, mais aussi ses meubles, ce qui précipite sa rénovation complète. Enfin, les caves du siège de la rue de Provence sont également atteintes.

Face aux événements, des opérations de sauvetage sont menées par le personnel. Les employés se mobilisent pour la construction de barrages ou encore le pompage de l’eau. Les brigadiers et garçons de recette, notamment, s’emploient pour sauver titres et valeurs. Le Conseil d’administration leur en saura gré puisqu’il accordera une prime au personnel ayant coopéré. Un crédit spécial de 50 000 francs sera voté pour venir en aide aux agents les plus démunis.

La « crue du siècle » n’est pas sans conséquences. Elle impose à la direction de Société Générale de revoir sa conservation centrale des titres, réalisée jusqu’alors dans ses locaux de la rue de Provence. Menacée par les inondations, elle est transférée en 1914 dans un endroit bien plus sûr et construit à cet effet : l’immeuble du Trocadéro. Les titres sont désormais conservés à l’abri, sur un terrain surélevé, dans une tour aux murs en béton épais.