Stratégie Climat

Depuis 2015 et la Conférence des Parties sur le Climat à Paris (COP21), le secteur de la finance fait l’objet d’une attention toute particulière du législateur en renforçant les liens entre les questions financières et climatiques. Cela se traduit en particulier par des changements réglementaires accrus dans le domaine de la finance durable, à l’instar de l’initiative de la TCFD (Task Force on Climate-related Financial Disclosures) mandaté par le Financial Security Board sur des recommandations de transparence vis-à-vis des investisseurs et du Plan d’Action sur la Finance Durable de la Commission européenne.

Face à l’accélération du changement climatique, soulignée dans le dernier rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), comme il l’a annoncé dans les Engagements de Katowice avec quatre autres banques lors de la COP 24 en Pologne , Société Générale partage l’objectif de l’Accord de Paris de rendre nécessaire l’alignement des flux financiers sur un « profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».

Dès 2015, Société Générale a pris l’engagement de viser à inscrire l’action de la Banque, d’ici à 2020, sur une trajectoire compatible avec un scénario de limitation à 2 °C de réchauffement climatique. Il ambitionne ainsi de mettre en place des outils de gouvernance, de gestion et de suivi des risques pour être en capacité d’apporter les réponses les mieux adaptées au financement d’une économie décarbonée et résiliente aux impacts du changement climatique. A fin 2018, le Groupe a atteint, avec deux ans d’avance, l’objectif de limiter à 19% avant 2020 la part du charbon dans la somme des énergies que nous finançons servant à produire de l’électricité.

Société Générale poursuit sa politique de désengagement du charbon avec l’arrêt de la fourniture de nouveaux services ou produits aux entreprises clientes majoritairement liées au charbon thermique et aux entreprises en transition qui n'ont pas de stratégie explicite de diversification. En ce qui concerne son portefeuille de financement, le Groupe s'engage à réduire à zéro son exposition au secteur du charbon thermique en 2030 pour les pays de l'UE et de l'OCDE et 2040 pour le reste du monde. 

Le Groupe souhaite ainsi se positionner comme l’un des acteurs clés dans la lutte contre le changement climatique en accompagnant les clients dans leur transition énergétique.

UNEP En 2019, Société Générale poursuit son action en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et en faveur d’un avenir durable en signant les Principes pour un secteur bancaire responsable (« Principles for Responsible Banking ») et rejoint l'Engagement collectif sur le climat (« Collective Commitment on Climate »). Pour agir dans ce sens, Société Générale contribue de manière significative avec notamment le nouvel engagement de lever 120 milliards d'euros pour la transition énergétique entre 2019 et 2023

Le classement annuel RSE de RobecoSAM de 2019 témoigne des actions concrètes majeures prises par la Banque en plaçant Société Générale au 1er rang mondial sur la dimension environnementale et au 6ème rang européen pour l’ensemble de sa politique RSE, sur un total de 175 banques analysées.

La stratégie climat a donc été articulée autour de la gestion des risques et des opportunités liés aux changements climatiques et à la gestion de l’impact climatique du compte propre du Groupe

Pour en savoir plus :
Consultez le site de la TCFD (en anglais)
Les Engagements de Katowice
La rubrique « vers une économie verte et solidaire »
Le communiqué de presse sur les nouveaux engagements charbon
Le rapport TCFD de Société Générale (en anglais)
La nouvelle politique sectorielle charbon (2019) 
Agir en faveur du climat de manière responsable 
French Business Climate Pledge

Message de Frédéric Oudéa à l'occasion de la signature des Principes pour un secteur bancaire responsable

Société Générale est fière d'être signataire fondateur des Principes pour un secteur bancaire responsable et s'engage à aligner stratégiquement son activité sur les objectifs de développement durable fixés par les Nations Unies et l'Accord de Paris sur le changement climatique. Les six Principes s'appuient sur un cadre de mise en oeuvre solide qui définit clairement les responsabilités et exige de chaque banque qu'elle fixe, publie et s'emploie à atteindre des objectifs ambitieux. 

1er sur la dimension environnementale sur 175 banques mondiales analysées (classement RobecoSAM 2019) | 120 Mds EUR dédiés à la transition énergétique dont 100 milliards d’euros d’obligations durables et 20 milliards d’euros pour les énergies renouvelable

La gouvernance par les risques liés au changement climatique

Les risques liés aux changements climatiques ne constituent pas une catégorie nouvelle, mais un facteur aggravant des types déjà existants dans le dispositif de gestion des risques de la Banque (risque de crédit, risques opérationnels, risque lié aux activités d’assurance…).
Depuis 2017, le CORISQ (Comité de la Direction générale qui définit les orientations du Groupe en matière de risques) est informé des risques liés au changement climatique. Dans son rôle de définition de l’Appétit pour le risque de crédit, le CORISQ s’appuie sur l’expertise de la Direction RSE qui rend un avis sur les enjeux environnementaux pour les secteurs d’activité concernés (par exemple secteur pétrole et gaz, énergies renouvelables, automobile).

En 2017, une mesure d’impact en stress d’un scenario lié à la matérialisation des risques liés au changement climatique a été intégrée dans la cartographie des risques présentée au Comité des risques du Conseil d’administration.
Le CORISQ Climat d’octobre 2018 a renforcé la gouvernance visant à accroître la capacité de pilotage du risque de crédit dans l’appropriation des enjeux climatiques.

Ce comité s’est fixé l’ambition :

  • de définir et maintenir des scenarii de référence, et intégrer progressivement une évaluation de la vulnérabilité climat pour chaque client dans les secteurs sensibles au risque de transition ;
  • de valider les orientations de la politique de crédit sur les portefeuilles sensibles aux enjeux d’environnement et les politiques environnementales qui ne font pas l’objet d’un encadrement dédié.

La gestion des risques et la saisie des opportunités climatiques

En termes d’opportunités pour la Banque, qu’il s’agisse d’accompagner la croissance de certains clients, les projets d’amélioration d’outils de production ou de transport d’énergie (comme les infrastructures de transport/mobilité), le Groupe a poussé le déploiement d’expertises dans de nombreux segments. Il en découle des positions commerciales de 1er plan.

En 2018, Société Générale a élargi son champ d’intervention par l’acquisition de la Fintech française Lumo, une plateforme pionnière d’épargne participative dédiée aux énergies renouvelables. Depuis sa création, Lumo a collecté des fonds auprès de milliers d’investisseurs particuliers, au profit d’une quarantaine de projets éoliens, photovoltaïques ou hydrauliques qui produiront plus de 260 millions de kWh d’électricité verte chaque année, soit la consommation annuelle de près de 100 000 foyers.

Avec cette acquisition, la Banque renforce sa capacité à servir ses grands clients énergéticiens en leur proposant une solution de recours au financement participatif pour le développement de leurs projets, comme le requiert le « Plan de Libération des Énergies Renouvelables » du gouvernement français dans le cadre du « Plan Climat ».

Pour en savoir plus :
Acquisition de LUMO
La dynamique commerciale pour le financement de la transition énergétique

Evaluation des risques de transition

L’approche adoptée pour mesurer le risque de crédit supplémentaire dû au risque de transition, prend la forme d’un indicateur de vulnérabilité défini lors du renouvellement annuel des notations internes. La méthode de quantification est inspirée de celle développée par l’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP-FI), à laquelle Société Générale a participé aux côtés de quinze banques internationales.

Une analyse de scénario à horizon 2040 a été menée sur le portefeuille crédit sous une hypothèse de reconduction à l’identique des concours et une non-adaptation des emprunteurs. L’impact d’un scénario de transition 2 °C par rapport à un scénario d’absence de mesure de transition montre des impacts faibles au global et concentrés sur les segments particulièrement émetteurs de CO2. Ces résultats sont en ligne avec ceux partagés avec d’autres banques européennes et américaines.

Le Groupe prévoit de déployer l’évaluation de l’indicateur de « vulnérabilité climat » sur les clients des secteurs : pétrole et gaz, métaux et mines, services publics d’électricité, transports. Pour un client identifié comme vulnérable, le gestionnaire de la relation client devra formaliser un avis sur sa capacité à atténuer cette vulnérabilité.

Pour en savoir plus :
Initiative financière de l’UNEP-FI (en anglais)
Cartographie des risques du Groupe

Évaluation des risques physiques

Le Groupe a également participé aux travaux de l’UNEP-FI sur l’identification des risques du changement climatique « physique ». Contrairement aux risques de transition, la méthodologie n’est pas suffisamment aboutie pour permettre une valorisation. Pour autant, un éclairage est donné sur les mécanismes de transmission du risque en distinguant les phénomènes extrêmes (les tornades, inondations, vagues de sécheresses), des changements incrémentaux (montée du niveau des mers, attrition des cours d’eau, hausse des températures moyennes).

Ces travaux sur les risques physiques devront être poursuivis en améliorant la connaissance de la localisation des actifs des tiers clients et, idéalement, leur dépendance à des fournisseurs situés dans des zones géographiques exposées (par exemple, Asie du sud-est) ou vis-à-vis des routes commerciales exposées (ports, changement des axes maritimes). Société Générale continue ses travaux de recherche méthodologique.

Pour en savoir plus :
Identification des risques du changement climatique « physique » par l’UNEP-FI (en anglais)

Autres risques liés au changement climatique

D’autres risques sont également gérés par les dispositifs du Groupe. Cela inclut les risques opérationnels : risques de non-conformité, risques de liquidité induits par les risques climat, risques physiques sur les agences ainsi que risques de réputation d’origine E&S.

Les politiques sectorielles participent également à la maîtrise de ces risques.

Alignement des principaux secteurs liés au climat sur une trajectoire 2 °C

Pour parvenir à cette ambition, le Groupe développe des méthodologies et des outils mesurant l’alignement des portefeuilles de crédit avec les objectifs de l’Accord de Paris.

Dans le cadre de son activité de financement des entreprises, le Groupe évalue depuis trois ans l’empreinte carbone (les émissions induites) de ses engagements bilanciels. Il apparaît ainsi que les secteurs du transport et de l’énergie sont les deux secteurs les plus impactants (79% de l’empreinte carbone des engagements bilanciels de la Banque).

Afin d’identifier des indicateurs et des cibles d’alignement sur une partie plus large du portefeuille, le Groupe expérimente dans une phase pilote une méthodologie d’analyse développée par 2 °C Investing Initiative (2DII). Le principal point fort de cette méthode est son recours à des données très précises sur les entreprises. Cela permet ensuite de mesurer la différence entre le profil du portefeuille et le profil vers lequel il doit tendre (selon les scénarios climatiques).
Plus précisément, la méthode mesure l’alignement du portefeuille du Groupe pour les secteurs les plus exposés à l’extraction de combustibles fossiles (pétrole, gaz et charbon) de la production d’électricité, automobile et quatre autres secteurs à forte intensité de carbone (à savoir : acier, ciment, aviation et transport maritime).

Pour en savoir plus :
Cartographie des risques du Groupe
Les Politiques Sectorielles

Le partage des meilleures pratiques environnementales

Au sein de l’UNEP-FI, le Groupe a contribué au développement d’une méthodologie qui permet aux établissements financiers de mieux comprendre les risques liés au changement climatique de leurs activités.
Membre actif auprès de la Fédération Bancaire Européenne (FBE) et la Fédération Bancaire Française (FBF), Société Générale agit en faveur d’une régulation appropriée sur la finance durable en Europe. Le Groupe soutient les propositions législatives de la Commission sur le financement durable basées sur son plan d’action pour le financement de la croissance durable.
Le Groupe participe également à une étude de l’Association Française des Entreprises Privées (AFEP) sur la comparaison des scenarii 2 °C et à celle d’Entreprises pour l’Environnement (EpE) ZEN 2050 sur la décarbonation de l’économie française à l’horizon 2050.

Pour en savoir plus :
Plan d’action de la FBE et FBF pour le financement de la croissance durable

L’ambition RSE en faveur du financement de la transition énergétique

Société Générale s’est engagé, en décembre 2017, à contribuer à lever 100 milliards d’euros de financements destinés à la transition énergétique entre 2016 et 2020. 

Au deuxième trimestre 2019, le Groupe a déjà réalisé 89% de cet objectif avec 66,9 milliards d’euros d’émissions obligataires vertes et 22,1 milliards d’euros de financements consacrés aux énergies renouvelables.

Pour aller plus loin :
Consultez la rubrique Nos engagements dans les métiers
La dynamique commerciale pour le financement de la transition énergétique

Renforcement des politiques E&S du Groupe

La Banque s’est engagée en 2015 à réduire ses activités liées au charbon et à inscrire, d’ici 2020, ses expositions à cette énergie sur une trajectoire compatible avec une hausse de température ne dépassant pas 2 °C (le scenario 2 °C de l’Agence Internationale de l’Énergie – AIE).
A fin 2018, la Banque a ainsi :

  • diminué ses encours de crédit tirés (exposition) liés à l’extraction de charbon de plus de 10% ; l’objectif étant d’atteindre entre 2016 et 2020 moins 14% ;
  • limité la part du charbon (capacités installées) dans le mix énergétique de production d’électricité financée. Cette part a déjà été réduite à 16,4%, en avance sur l’objectif à horizon 2020.

Société Générale ne participe plus à des financements dédiés pour des centrales thermiques au charbon ou infrastructures associées, partout dans le monde depuis le 1er janvier 2017.
De plus, il n’intervient plus, depuis 2015, dans les financements dédiés de développement de mines de charbon et infrastructures associées. Des critères spécifiques d’entrée en relation avec les entreprises actives dans le secteur du charbon ont, en outre, été définis dans les politiques sectorielles dédiées.

En 2018, la politique Pétrole et gaz a été mise à jour. Le Groupe a pris des engagements visant à ne financer que les activités de ce secteur dont les impacts climatiques sont atténués. En particulier, Société Générale ne finance plus les activités de production de pétrole issu de sables bitumineux partout dans le monde, et de production de pétrole en Arctique. Ces engagements visent également à la mise en œuvre ou l’engagement de mise en œuvre de mesures de limitation de brûlage en torchère continu et des émissions de méthane. Ils intègrent également, pour les entreprises utilisant des techniques de fracturation hydraulique, la mise en œuvre des meilleures pratiques E&S, en ligne avec les règles d’or de l’AIE.

Pour aller plus loin :
Consultez la rubrique « Finance responsable »
Des engagements forts et transparents

Réduction de l’empreinte carbone du Groupe

Dans le cadre de son programme de réduction carbone 2014-2020, Société Générale a pris l’engagement de réduire de 25% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) par occupant et d’augmenter de 20% les performances énergétiques par occupant des immeubles du Groupe en 2020 par rapport à 2014.
À fin 2018, les émissions de GES par occupant ont diminué de 19% par rapport à 2014 et la performance énergétique par occupant a augmenté de 21,5% par rapport à 2014.

Pour aller plus loin :
Consultez la rubrique « Compte propre »
Une conduite responsable de nos activités compte propre