Croissance française : la confiance est clé

Analyse de Benoît Heitz, Responsable des prévisions économiques mondiales
6 mai 2015

Après une 3e année consécutive de quasi stagnation en 2014, avec une croissance d’un peu moins de 0,5 %, l’économie française bénéficie en 2015 de plusieurs facteurs de soutien.

La politique monétaire ultra-accommodante de la BCE a permis de nettement détendre les conditions de financement, notamment en poussant les taux d’intérêt au voisinage de zéro ; la chute des prix du pétrole vient soutenir le pouvoir d’achat des ménages et le taux de marge des entreprises ; la baisse de l’euro face au dollar est favorable à la compétitivité des produits français ; enfin, la mesure temporaire de sur-amortissement de certains investissements est de nature à stimuler la demande des entreprises.

Toutefois, pour que ces facteurs favorables se traduisent en reprise d’activité, la confiance est clé. Sinon, les ménages épargneront leur surcroit de pouvoir d’achat et les entreprises donneront la priorité à la restauration de leur taux de marge, qui est très dégradé, plutôt que d’embaucher ou d’investir.

Et sur ce front, les indicateurs ne montrent pas de franche amélioration. Ainsi, l’indice INSEE du climat des affaires reste bien installé en dessous de sa moyenne de longue période, signalant toujours une période d’atonie. Notamment, les chefs d’entreprises dans les secteurs des services et du bâtiment ne sont pas optimistes. Concernant l’investissement, les chefs d’entreprises de l’industrie n’entrevoient qu’une amélioration limitée en 2015, avec une progression à peine supérieure à celle de 2014.

Au total, l’activité devrait certes s’améliorer en 2015, mais de façon encore molle. Les entreprises se montreraient prudentes tant dans leurs décisions d’embauches que d’investissement. La persistance d’un chômage élevé freinerait la demande des ménages : leur taux d’épargne resterait élevé et leur investissement logement ne tendrait à se stabiliser que très progressivement d’ici 2016, après la chute enregistrée ces trois dernières années.