« Des ressources à économiser »

A l'occasion de la COP21, des grands groupes dévoilent leur stratégie. Ainsi, Société Générale a adopté une politique climat conforme au scénario de limitation à 2 °C du réchauffement climatique de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Pour Jean-Michel Mépuis, directeur RSE du Groupe, cela passe entre autres par une forte réduction des activités de la banque liées au charbon. Une interview parue dans Direct Matin.

Société Générale va fortement réduire le financement des activités liées au charbon. Pourquoi ?

L'énergie issue du charbon assure aujourd'hui 30 % des besoins mondiaux et représente 44 % des émissions de CO2. Société Générale a décidé d'arrêter de financer des projets de développement de mines de charbon, ainsi que ceux de centrales thermiques à charbon dans les pays de l'OCDE à revenus élevés. Par ailleurs, nous allons doubler nos engagements dans les financements des projets d'énergie renouvelable d'ici à 2020.

Comment aider les pays dépendants du charbon ?

Certains pays, comme l'Inde ou la Chine, dépendent encore du charbon. Ils se sont aussi engagés dans un programme de réduction. Nous les accompagnerons en finançant des projets à haute efficacité thermique ou d'énergie renouvelable. Il faut aussi encourager une meilleure utilisation de ces ressources. Ainsi, en Afrique, nous aidons les PME à financer des dispositifs d'efficacité énergétique.

Comment le Groupe accompagne-t-il la transition énergétique ?

Nous accompagnons nos clients en veillant à limiter leur impact sur le climat : en 2014, 70 % de nos financements dans l'électricité concernaient des projets d'énergie renouvelable. De notre côté, nous avons instauré en 2012 une taxe carbone interne et collecté 3,3 millions d'euros cette année, qui seront investis pour plus d'efficacité énergétique.

EN CHIFFRES

  • 20 % d'émissions de CO2 en moins pour les émissions du groupe à l'horizon 2020. Cela passe par une meilleure utilisation du parc informatique et du chauffage.

  • 70 % des financements de Société Générale dans l'électricité, en 2014, concernaient des projets d'énergies renouvelables. Cette part devrait encore augmenter.

  • 500 millions d'euros ont été levés récemment par le groupe par le biais d'une obligation verte innovante. Elle servira à financer ou refinancer des projets contribuant à la lutte contre le réchauffement climatique.