Concilier les besoins en matière de développement et les objectifs de durabilité : Clifford Capital

Il est essentiel d'adopter une approche pragmatique lorsqu'il est question de promouvoir la finance durable en Asie, où la diversité culturelle de la région n'a d'égal que sa disparité économique, selon Audra Low, responsable Origination et Structuration chez Clifford Capital.

« Je pense que le plus grand défi pour l'Asie est d'être capable de faire progresser les objectifs de durabilité de la même manière et au même rythme que les marchés développés tels que l'Europe », a indiqué Audra Low à l'occasion de la Conférence asiatique pour une Finance à Impact positif et durable qui s'est déroulée à Singapour le 5 juillet 2018.

Cet exercice délicat est plus flagrant dans le secteur de l'énergie, caractérisé par un approvisionnement en électricité inégal à travers les différents marchés, même si la demande devrait presque doubler dans la région Asie-Pacifique d'ici 2030. Pour beaucoup dans cette région, la disponibilité de l'énergie reste une question urgente. Dans une zone abritant des puissances économiques telles que la Chine et l'Inde, plus de 700 millions d'habitants n'ont pas accès à l'électricité. Plus de 2 milliards d'individus font brûler du bois ou des biodéchets pour leurs besoins énergétiques, ce qui constitue un obstacle de taille à la réalisation de l'objectif de développement durable fixé par les Nations Unies de garantir l'accès à une énergie propre et à un coût abordable, pour tous.

Une voie intermédiaire

Bien que plusieurs pays d'Asie continuent de dépendre du charbon, considéré comme une source d'énergie facilement accessible, a indiqué Audra Low, il existe au sein des institutions financières, une tendance croissante à suspendre les financements de ce type de projets.

« Pour nous, ici en Asie, c'est un dilemme », a observé Mme Low. « Comment financer de manière responsable des projets qui dissuadent les gens d'utiliser du charbon, tout en s'assurant que ceux qui ont besoin d'énergie obtiennent ce qu'ils souhaitent ? »

Clifford Capital est mandaté par le gouvernement de Singapour pour fournir des solutions de finance structurée visant à soutenir les entreprises basées sur le territoire qui cherchent à investir ou à exporter vers les marchés étrangers. L’organisme prêteur Clifford Capital suit une approche hautement sélective et méticuleuse en ce qui concerne le financement des projets liés au charbon.

« Nous prenons en considération un certain nombre d'éléments, par exemple, s'il existe des alternatives viables au charbon, si les technologies les plus efficaces sont utilisées et si un projet est voué à répondre aux besoins essentiels en matière de développement. Nous sommes et resterons extrêmement sélectifs dans nos décisions de financer ou non des projets basés sur le charbon. Et je suis convaincue que c'est un pas dans la bonne direction », a précisé Audra Low.

Société Générale, membre fondateur de l'Initiative financière du Programme des Nations Unies pour l'environnement, partage cette approche pragmatique de la finance durable, a souligné Pierre Palmieri, Responsable mondial des Activités de Financement et pilote de l'offre sur la Finance Durable et à Impact Positif, dans son discours de bienvenue lors de la conférence de Singapour. Cela permet à la Banque de mettre en place des partenariats avec des organisations telles que Clifford Capital afin d'atteindre des objectifs de durabilité plus étendus.

Rassembler les forces

« Société Générale est l'une des banques les plus actives dans le financement de projets au niveau mondial et en Asie, et nous considérons son travail dans le domaine du financement de la durabilité très intéressant », a expliqué Audra Low.

S'il est important de reconnaître et d'imiter les nombreux exemples remarquables de solutions de financement durable à l'initiative du secteur privé, le rôle du gouvernement est primordial et ne peut être ignoré, particulièrement en Asie. Lors de l'événement, l'accent a été mis sur ce point, repris ensuite par Mme Low. Cette dernière a affirmé que l'appui des gouvernements et l'élaboration de politiques pertinentes sont nécessaires pour attirer les émetteurs et investisseurs.

« En tant que collaboratrice d'un organisme prêteur ayant une grande expérience de terrain, je dirais que chacun a un rôle à jouer dans la promotion des initiatives écologiques et du financement vert, pour faire des projets durables une réalité », a déclaré Audra Low.

Le financement à impact positif en Asie

Si le financement à impact positif tend à faire passer le bien commun avant l’intérêt personnel, il ne le fait pas nécessairement au détriment de la gestion rentable d’une entreprise ou de l’assurance de retours sur investissement, particulièrement en Asie : ce continent devient une source d’opportunités durables de financement. Ces principes fondamentaux ont été rappelés par des experts lors de la toute première Conférence asiatique pour une Finance à Impact positif et durable qui s’est tenue à Singapour le 5 juillet 2018.

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