Les femmes dans un monde du travail en évolution

Alexandre Maymat - Responsable de la région Afrique/Asie/Méditerranée et Outremer, Banque et Services Financiers Internationaux

Alexandre Maymat - Responsable de la région Afrique/Asie/Méditerranée et Outremer, Banque et Services Financiers Internationaux

Dans un monde qui se globalise et se complexifie, la capacité de nos entreprises à assurer la diversité des parcours et des origines de nos managers est clé. Pour mieux comprendre, croiser nos regards, partager nos manières de faire.
À ce titre, la promotion des femmes dans nos entreprises est naturelle. En Afrique, nous sommes en retard, ne le cachons pas, mais nous progressons. Le nombre de femmes dans nos comités de direction augmente. Assurer l'équité de carrière entre hommes et femmes permet de développer une culture d'égalité des chances plus large, dans des environnements marqués par une diversité ethnique, religieuse, sociale profonde.

Flore Jachimowicz - Directrice associée à la Direction de l'Innovation

Flore Jachimowicz - Directrice associée à la Direction de l'Innovation

Je crois que mon parcours et mon évolution ont été complètement indépendants du fait que je sois une femme. La question ne s’est jamais posée ainsi ni n’a été un sujet pour mes managers ou mes collègues. J’ai la chance de travailler dans un Groupe ouvert et tolérant qui considère la diversité comme une opportunité d’enrichissement. Trois femmes siègent au Comité exécutif aujourd’hui, ce n’est pas encore une mixité absolue mais c’est déjà un vrai pas en avant. En revanche, si l’attention se porte sur les différences salariales, à poste égal, il reste encore du chemin à parcourir. Rien dans ma vie professionnelle ne me renvoie au fait que je sois une femme. Je m’épanouis en tant que collaboratrice, dans mes projets, dans les challenges que je relève, au sein de mon équipe qui compte autant de femmes que d’hommes. Les enjeux auxquels nous faisons face n’ont pas de genre et ils nous concernent tous. Ce n’est qu’avec beaucoup de bienveillance, de partage, de respect et de relations apaisées que nous parviendrons à les traiter. La discrimination n’a pas de place dans cette équation.

Antoine Loudenot - Directeur des Relations Investisseurs et de la Communication Financière du Groupe

J’ai la chance de travailler au sein d'une équipe qui aspire à une parité hommes-femmes, alors que 70 % de l’effectif est féminin.
Ensemble, nous voyons et nous entendons une révolution chez les investisseurs : la parité à l'horizon 2020. Ce qui est prometteur, c'est que les hommes sont aussi actifs que les femmes dans cette ambition : gagner 10 ans sur l'objectif de l’ONU.

Hanane Arif - Business Development Officer

J’ai assisté à une claire évolution du rôle de la femme au sein de la banque. Aujourd’hui, notre Management Committee local compte 45 % de femmes ! Cela a permis de créer une culture d’entreprise plus équilibrée et de retenir des talents en accompagnant leur évolution de carrière. Ces changements ont favorisé ma propre évolution depuis la Banque de financement vers la Banque privée. Dans cette activité, la place de la femme doit être mieux prise en considération pour répondre à la montée en puissance de la part féminine de notre clientèle qui se reconnaît davantage dans des banquières. Un élément d’autant plus important que les femmes du Golfe atteignent de plus en plus souvent des positions d'influence dans les affaires, la politique, la société civile et les médias. Désormais, c’est le marché qui tend à féminiser notre activité. Ce phénomène est profond, inéluctable, et va impacter positivement l’ensemble du secteur avec pour chaque acteur des opportunités à saisir… ou des parts de marché à perdre.

Edouard-Malo Henry - Directeur des Ressources Humaines du Groupe

Je suis un fervent promoteur de la diversité, en particulier en ce qui concerne l’égalité femmes-hommes car j’y vois une condition sine qua non de notre succès. Une entreprise qui ne favoriserait pas l’inclusion de chacun dans sa diversité ne peut pas être performante dans la durée et met en jeu sa survie. À mes côtés, nos équipes largement féminines ont activement contribué à faire progresser la proportion des femmes à chaque niveau de l’entreprise et j’en suis fier même si le combat n’est pas encore gagné. De nombreux sujets stratégiques dans la transformation du Groupe sont désormais aux mains de femmes talentueuses que cela soit dans le business ou toute autre activité de la Banque. Continuons dans cette voie et ne relâchons pas nos efforts : la route est encore longue.

Isabelle Martinon - Directeur commercial, Banque de détail France

Isabelle Martinon - Directeur commercial, Banque de détail France

Dans mon management, je veille à deux points essentiels parce qu’ils sont souvent reprochés aux femmes. Le premier : le lâcher prise. J’encourage mes collaborateurs à se détendre, à favoriser le collectif et la co-construction en mixant les profils au sein des équipes dans un esprit de bienveillance, de plaisir d’être ensemble et d’exigence aussi. Ceci étant de mon expérience, je retiens que tout ce qui doit être fait ne mérite pas d’être bien fait, et je le dis surtout aux femmes.
Le second : innover. Les femmes ne s’associent pas suffisamment et spontanément à cette valeur, c’est dommage. Nous sommes innovantes dans les domaines du management ou encore de l’expérience client, nous devons le faire savoir.
Au sein des directions commerciales, par exemple, elles ont amené une approche plus collaborative du travail en équipe, avec à la clé, un enrichissement des parcours commerciaux pour elle-même mais également un enrichissement du parcours offert au client en développant des synergies métier plus naturellement.
Les femmes, me semble-t-il, raisonnent plus en termes d’intérêt du poste et en oublient parfois d’exprimer leurs attentes voire leur ambition. Elles doivent encore franchir un cap sur ce point.

Pascal Augé - Directeur Global Transaction and Payment Services

La mixité professionnelle est un enjeu d'évolution de notre culture managériale. Depuis plusieurs années, Société Générale engage ses managers à la mettre en pratique au quotidien et insuffle cette dynamique au plus haut niveau de l'entreprise. Les univers de la finance, de la gestion des flux et des paiements continuent à être perçus comme masculins et associés à des stéréotypes. La réalité contredit souvent cette perception. Au sein de ma direction notamment, 64 % des collaborateurs sont des femmes et 55 % occupent des postes de management intermédiaire. Elles représentent 25 % des membres du Comité de Direction élargi. Même si des efforts doivent être portés sur la représentativité des femmes au sein des instances de direction, aujourd’hui, près de 2/3 de nos talents stratégiques sont féminins. Ce qui est de bon augure pour l’avenir.
Je considère que, dans les phases de transformation en profondeur de nos modèles, le regard et l’approche des femmes sur nos principaux challenges constitue un véritable atout managérial.
Sans rien céder à leurs collègues masculins en termes de sens de la performance, elles apportent de fait souvent une vision plus long-terme et plus sereine des sujets. Ceci vaut tout autant dans le domaine de la relation clientèle – avec un accompagnement plus personnalisé et de confiance du client – que dans nos actions de transformation de nos organisations, où un sens souvent plus aigu du collaboratif contribue à un meilleur équilibre de nos équipes.
La célébration organisée ce jour par les Nations Unies appelle tous les acteurs à franchir le pas pour l’égalité entre les sexes pour un monde 50-50 d’ici 2030, en assurant que le monde du travail puisse accueillir toutes les femmes et les voir s’y réaliser pleinement. Notre direction souscrit naturellement à cet engagement !

Perizat Shaikhina - Directrice des Risques - Russie

Perizat Shaikhina - Directrice des Risques - Russie

Chez Société Générale Russie, les 3 Directrices des risques de Rosbank, Rusfinance et DeltaCredit sont des femmes. Chez Rosbank, sur six chefs de départements risques, on compte 3 hommes et 3 femmes : l’égalité de genre parfaite, pourrait-on dire. Nos collaboratrices rencontrent certainement les mêmes problèmes universels que toutes les femmes rencontrent dans le monde du travail, comme le fait de construire sa carrière tout en trouvant un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
D’une manière générale, nous pouvons partir du principe que les hommes sont plus compétitifs, plus affirmés, plus actifs dans la défense de leurs intérêts. Ils ciblent la construction de leurs carrières, tandis que les femmes sont moins assurées, elles valorisent davantage la coopération que la compétition et elles se concentrent plus sur les tâches quotidiennes que sur un plan de carrière. J’ai rejoint l’équipe Risque de l’une des entités de Société Générale Russie il y a plus de 13 ans, en tant qu’experte et de là, j’ai évolué jusqu’au poste de Directrice des risques. Les principaux éléments différenciants qui m’ont aidée à réussir sont des qualités plus féminines, comme l’attention aux autres, le fait d’instaurer un climat de confiance, d’être à l’écoute et de faire preuve d’intelligence émotionnelle, de capacité à anticiper les conflits et de les résoudre de manière équitable. Nous devons modifier nos stéréotypes inconscients sur ce que doit être le comportement-type d’un dirigeant. Il nous faut plus de femmes dans des positions de référence, qui puissent servir de modèles. Nous, les femmes, nous n’avons pas besoin de nous comporter comme des hommes pour être des dirigeantes efficaces. Nous avons nos propres points forts !

Thierry d’Argent - Co-Directeur, Relations Clients et Banque d’Investissement

Je travaille dans une direction qui est au cœur de la relation clients et pour répondre au mieux à leurs besoins, il me parait important que nos équipes reflètent leur diversité. Cette réalité, qui me touche au quotidien, conditionne notre performance.
En travaillant avec des équipes aux profils variés et en collaboration étroite avec ma co-directrice, je constate que les femmes ont une aisance à développer et renforcer la coopération qui constitue un atout incontestable d’une relation client réussie.
Au sein de la Banque de Grande clientèle et Solutions Investisseurs nous sommes à l'écoute des aspirations des femmes et veillons à leur proposer de nouvelles façons de se développer. Promouvoir la mixité, c’est avant tout un état d’esprit, qui doit être ancré dans nos actions du quotidien. L’évolution des mentalités repose sur chacun d’entre nous, hommes et femmes. J’espère voir évoluer les comportements dans ce sens et rendre nos métiers plus attractifs pour les femmes, avec pour objectif de parvenir à l’équilibre dans toutes les fonctions de la banque.

Sylvie Préa - Directrice de la Responsabilité Sociale et Environnementale du Groupe

En 2016, Société Générale a signé le Women Empowerment Principles (WEP) de l’ONU. Cet engagement vise l'équité. Il souligne également notre conviction qu’une performance durable d’entreprise doit nécessairement refléter la diversité et les regards multiples. C’est notamment un gage d’innovation. Dans le domaine du développement durable, l’égalité des sexes n’est pas une fin en soi bien évidemment. Elle représente simplement une condition préalable à la réalisation d’objectifs visant à réduire la pauvreté. La diversité du genre s’impose ainsi comme un objectif et représente également une partie de la solution dans l’entreprise et dans le monde en général. À titre personnel, dans le cadre de mes fonctions de membre du comité de direction, je m’engage à saisir chaque opportunité au quotidien pour transformer les objectifs de diversité en réalité au sein de Société Générale. Dans le même temps, je me positionne comme ambassadrice du sujet auprès de l’ensemble de nos parties prenantes.