Le Club athlétique de la Société Générale : une succursale de championnes !

Pendant l’entre-deux-guerres, le Club athlétique de la Société Générale (CASG) s’est appliqué à promouvoir le sport féminin en France. Une initiative bienvenue qui s’est perpétuée au fil du temps. Retour sur un pan méconnu de l’histoire du Groupe.

Fondé en 1903, le Club athlétique de la Société Générale (CASG) reflète le désir de la direction de cultiver l’esprit de corps devant unir les collaborateurs de la banque et de leur faciliter la pratique d’activités physiques. À l’heure de l’amateurisme, il s’impose bientôt comme l’une des meilleures associations sportives d’Europe pour constituer une véritable pépinière de champions. Sans doute la démocratisation du sport qui s’opère au lendemain de la Première Guerre mondiale favorise-t-elle son essor. Le personnel est invité à venir garnir les rangs des différents groupements régionaux et à participer aux compétitions pour porter haut les couleurs de « la Générale ». Pendant l’entre-deux-guerres, le CASG compte jusqu’à dix mille membres. Rompant avec les codes sexués de l’époque, les employées de la banque, pour la plupart dactylographes et standardistes, forment dès 1919 des sections féminines. Les premières sont ouvertes à Paris et à Lille. Le mouvement s’étend ensuite à Marseille, Lyon,  Bordeaux et Besançon.

Ces équipes féminines pratiquent le football, l’athlétisme, le basket-ball, mais aussi le volley-ball, le tennis et le hockey sur gazon. Elles s’entraînent, en général le dimanche, sur des terrains mis à leur disposition par la direction du CASG. Dans la capitale, les sections parisiennes bénéficient notamment des commodités offertes par le stade Jean Bouin, dont le financement a été assuré par Société Générale. L’une des formations les plus dynamiques est sans conteste l’équipe féminine de football de Marseille. Entre avril 1927 et juin 1929, les footballeuses disputent, avec le soutien de leur hiérarchie, des matchs de propagande pour promouvoir le sport féminin en Provence. En 1930, elles sont finalistes du championnat de France. Une performance qui vaudra à plusieurs d’entre elles, comme Marie Calvet, d’être sélectionnées en équipe de France. Nombre de leurs collègues s’illustrent, collectivement ou individuellement, dans d’autres disciplines. Madeleine Martin est appelée à disputer les Jeux olympiques d’Amsterdam en 1928, puis les Jeux féminins de Prague deux ans plus tard. En 1925, Edith Alauze pulvérise le record du monde sur 83 mètres haies... L’équipe de basket-ball de Besançon impose sa loi dans les tournois régionaux.  Celle de hockey sur gazon de Paris fait également partie de l’élite nationale. Les joueuses de tennis ne sont pas en reste. En 1930, l’équipe féminine atteint la finale des championnats de dames.

Pendant l’entre-deux-guerres, la direction du CASG ne s’y trompe pas en organisant chaque année à Paris, Marseille et Lille, des journées destinées à promouvoir le sport féminin. Elle a compris les répercussions positives que celui-ci pouvait avoir sur l’image de Société Générale et la nécessité de s’éloigner de conventions sociales devenues désuètes. Une longue tradition qui s’est maintenue au fil du temps avec aujourd’hui le sponsoring apporté au golf féminin à travers l’Evian Masters créé en 1994, et le rugby féminin.

Club athlétique, sport féminin, Société Générale

Montage 1 : équipe féminine de football du CASG Marseille ;
Montage 2 de gauche à droite et de haut en bas : équipe féminine de volley, 1926 ; Edith Alauze, 1925 ; équipe féminine de tennis, 1923 ; équipe féminine de basket du CASG Besançon
© Archives historiques Société Générale