La Coupe Webb Ellis : le « Graal » du rugby

Juin 1987. Pour sa première édition, la Coupe du Monde de Rugby se déroule en Australie et en Nouvelle-Zélande. Devant leur public, les All Blacks dominent le XV de France et s’adjugent la Coupe Webb Ellis. Un magnifique trophée qui brille de mille feux à l’approche de la finale à Twickenham...

Samedi 20 juin 1987. Le public d’Eden Park, à Auckland, est aux anges lorsque David Kirk, le capitaine des All Blacks, brandit pour la première fois la Coupe du Monde de Rugby. Au terme d’une rencontre parfaitement maîtrisée, la sélection néo-zélandaise vient de s’imposer aux dépens du XV de France sur le score de 29 à 9. Pour cette première édition, la compétition a tenu toutes ses promesses. Présent dans la tribune officielle, Albert Ferrasse, le président de la Fédération Française de Rugby (FFR), en a été l’un des grands promoteurs. S’il aurait préféré voir les coéquipiers de Philippe Sella et de Serge Blanco remporter la victoire, il savoure encore un intense moment d’émotion. À l’issue de la cérémonie de remise du trophée, les spectateurs d’Eden Park entonnent un chant d’adieu maori à l’adresse des nations participantes. Au cœur de l’hiver austral, le charme de l’ovalie vient de frapper la planète.

La compétition est aujourd’hui devenue le troisième événement sportif mondial. Seuls quatre pays, à ce jour, ont enlevé le titre suprême : l’Angleterre, l’Afrique du Sud (deux fois), l’Australie (deux fois), et la Nouvelle-Zélande (deux fois). La Coupe Webb Ellis, nommée d’après le fondateur du rugby en 1823, fait figure de véritable graal. C’est la récompense à laquelle rêvent tous les rugbymen, celle qui fait battre les cœurs et enflamment l’imagination des amoureux du ballon ovale. Haute de 38 centimètres, elle se présente sous la forme d’un trophée en argent, plaqué d’or, doté de deux poignets ornés, l’une d’une tête de satyre, l’autre d’une tête de nymphe. Sur l’avant de la coupe sont gravés les mots International Rugby Football Board (IRFB) suivi de The Webb Ellis Cup. C’est en 1986, en vue de la première édition de la Coupe du Monde en Australie et en Nouvelle-Zélande que la Fédération internationale de Rugby a jeté son dévolu sur ce modèle particulièrement recherché. Le célèbre orfèvre londonien Garrard’s, fournisseur officiel de la couronne britannique depuis 1843, a été chargé de sa fabrication. Pour satisfaire la commande, celui-ci a puisé son inspiration dans une création du joaillier Carrington and Co datant de 1906, lequel avait lui-même repris à son compte des dessins de Paul de Lamerie, un orfèvre français installé à Londres pendant l’Ancien régime. Rappelons que la Coupe Webb Ellis n’est pas définitivement acquise : un pays ne la conserve que durant les quatre années de son titre de champion. Tenante du titre, la Nouvelle-Zélande remportera-t-elle à nouveau le sacre mondial ? Ou les Wallabies brandiront-ils le trophée pour la troisième fois de leur histoire? À vos pronostics !