L’Inspection générale : entre tradition et modernité

Fondée en 1868, l’Inspection générale s’est constamment attachée, au fil du temps, à adapter ses méthodes et son positionnement au sein du Groupe tout en assurant sa mission première de contrôle. Retour sur un corps d’excellence à la fois pétri de traditions et tourné vers l’avenir.

Printemps 1868. Quatre ans après sa fondation, la Société Générale crée, à la demande expresse du Conseil d’administration, un service du contrôle, ébauche de ce qui deviendra par la suite l’Inspection générale. Cette entité a pour vocation d’établir avec les guichets des liens plus vivants que les simples échanges de correspondance, afin de permettre au siège de disposer d’une vision fidèle du fonctionnement des agences et d’exercer un contrôle direct du réseau sur le terrain. Au fil des années, sa tâche s’élargit pour ne plus se cantonner à la simple vérification des aspects comptables et à la sécurité des opérations. Agissant par délégation de la Direction générale de manière à garantir sa légitimité et son indépendance, l’Inspection voit peu à peu sa mission de contrôle intégrer tous les aspects de la vie des agences et des services centraux (situation immobilière, humaine, financière, etc.). Pour assumer ces fonctions, l’établissement fait appel, dès le départ, à de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, disposant d’une bonne culture générale, capables d’assimiler rapidement les connaissances bancaires et de prendre des initiatives tout en respectant leur devoir d’objectivité. En 1901, la création du concours de l’Inspection générale témoigne du désir de la direction de s’assurer les services d’un corps d’excellence. Le recrutement se fait désormais sur épreuves, et non plus sur titres. Très vite, cependant, le développement de la banque et la diversification de ses services ont entraîné un surcroît des activités de contrôle, rendant nécessaire de décharger les inspecteurs de certaines tâches et de les seconder. Aussi, une étape importante intervient en 1921 avec la création d’un corps annexe de contrôleurs, composé de jeunes éléments remarqués pour leur potentiel, leur dynamisme et leur motivation. Une synergie qui s’est révélée tout particulièrement fructueuse à la Libération, en juillet 1944, lorsque les inspecteurs ont été mandatés pour établir un état des lieux complet du réseau. Force est d’ailleurs de constater qu’une carrière à l’Inspection a souvent servi de tremplin à ses membres. À titre d’exemple, Louis Chaumeil s’est hissé jusqu’à la vice-présidence de la Société Générale en 1959.

© Archives historiques Société Générale - photo Guy Nicolas

L’Inspection générale est fondée sur une tradition de compagnonnage. Au cours de ses premières années de tournée, le jeune inspecteur est placé sous la tutelle d’un collègue expérimenté qui l’initie aux travaux à accomplir. Cet esprit de corps, basé sur l’entraide et la solidarité, constitue l’une des pierres angulaires d’un métier itinérant. D’où l’éclosion de traditions au sein de l’institution. Si l’usage de l’encre verte demeure aujourd’hui encore attaché à l’Inspection, certaines pratiques et coutumes n’ont pas perduré dans le temps comme la règle du célibat au début du siècle et la tenue des célèbres « carnets de tournée » par agence, lesquels regorgent d’anecdotes manuscrites... Du reste, l’évolution des missions de l’Inspection générale, depuis les années 1980, témoigne d’une volonté d’être toujours en phase avec les mutations de l’environnement bancaire. La modernisation constante des techniques et le développement des activités de marchés se traduisent notamment par une intensification de la formation mathématique des inspecteurs et un recours plus courant à des profils d’ingénieurs. Aussi, sans renier les préceptes initiaux et sa culture de la rigueur, le service assure maintenant, plus largement que par le passé, un rôle d’audit et de conseil, en conduisant des missions d’étude, tant auprès des différentes directions que sur des projets transversaux. Alors que la banque rouge et noir a célébré ses 150 ans, l’Inspection générale reste en symbiose avec les problématiques et les objectifs de transformation du Groupe. Fière de son passé, et résolument tournée vers l’avenir, elle demeure un corps original au sein de l’établissement. À cela, rien de surprenant. L’histoire de la Société Générale et celle de l’Inspection générale se confondent.

© Archives historiques Société Générale - photo Guy Nicolas