« Ah, les jolies colonies de vacances… »

Été 1948. Société Générale ouvre, à l'intention des enfants de son personnel, sa première colonie de vacances à La Baticolière, dans la région lyonnaise. Une expérience réussie à l'initiative de son Comité central d'entreprise (CCE), fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Mercredi 21 juillet 1948. En milieu d'après-midi, un autobus se gare devant le château du domaine de La Baticolière, situé dans la commune de Saint-Cyr, dans la région lyonnaise des Monts d'Or. À leur sortie du véhicule, les passagers, pour la plupart des enfants, se hâtent de partir à la découverte des lieux. Leur curiosité, à vrai dire, se comprend. Âgés de 6 à 14 ans, ces jeunes garçons et filles du personnel de Société Générale s'apprêtent à passer une partie de leurs congés estivaux dans cette colonie de vacances nouvellement créée. C'est la première fois que la banque, via son Comité central d'entreprise (CCE) fondé deux ans plus tôt, offre à ses collaborateurs la possibilité d'envoyer, à prix réduit, leurs enfants dans un centre de loisirs.

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Acquis en décembre 1947, le domaine de La Baticolière se compose d'un magnifique château du XVIIe siècle, de vastes parties communes, d'un parc de cinq hectares clos de hauts murs, d'un potager et d'un verger. Gravement endommagée lors de la Seconde Guerre mondiale, la propriété a effectué, dès février 1948, les travaux d'aménagement correspondant à sa nouvelle vocation. Ainsi, au moment d'accueillir ses premiers vacanciers, le corps du château regroupe les dortoirs, les sanitaires et l'infirmerie, tandis que les cuisines, le réfectoire, les salles de jeux et les locaux du personnel composent les bâtiments communs. À proximité immédiate se trouve un préau, lequel permet les rassemblements, les veillées, l'organisation de fêtes et sert d'abri en cas de pluie. Sous la direction de moniteurs et de monitrices qualifiés, La Baticolière propose à ses jeunes pensionnaires de nombreuses activités sportives et culturelles, des excursions ainsi que des camps itinérants pour les plus âgés. Le succès est au rendez-vous. En 1960, elle a déjà assuré 3 140 séjours, d'une durée moyenne de 36 jours. Environ 300 enfants du personnel y sont accueillis chaque année lors des différentes sessions organisées pendant l'été. Des garçons et des jeunes filles qui n'hésitent pas, dans certains cas, à y revenir pour encadrer à leur tour des activités quelques années plus tard. Après vingt-deux ans de fonctionnement, «La Batico», comme on l'appelle affectueusement, doit fermer ses portes à la fin de l'année 1969. La multiplication des colonies de vacances sur l'ensemble du territoire, ainsi que les désagréments liés au développement urbain de la ville de Lyon (encombrement, bruit, pollution) encouragent le Comité central d'entreprise à fonder un nouveau centre, plus près de la nature.

Le 26 juillet 1970, Jacques Ferronnière, P-DG de Société Générale, inaugure la colonie de vacances de Montcabrier, ouverte depuis à peine un mois. Acquise en 1966, la propriété, d'une superficie de 13 hectares, se situe dans le Lot, au hameau de Mazières, sur un site ombragé par de vastes forêts de chênes et de châtaigniers. La rénovation des locaux et la mise en chantier des nouveaux bâtiments respectent le style particulier des habitations du Quercy. Tout en s'intégrant dans le paysage et en permettant un large développement des activités de loisirs, le centre répond aux exigences de sécurité et de confort : pièces spacieuses, claires et aérées, infirmerie, équipement intérieur moderne (cuisine, chaufferie, pompes), terrasse équipée et protégée, absence de dénivellation, terrains de jeux, piscine, etc. Ajouté à cela, lors de chaque session, les pensionnaires ont droit à une visite guidée du château-fort de Bonaguil, ce qui leur fournit l'occasion d'en apprendre plus sur une région chargée d'histoire que la civilisation féodale a enrichi de somptueux vestiges.

C'est aussi à cette époque que Société Générale met en place, toujours par l'intermédiaire de son Comité central d'entreprise et au bénéfice des enfants du personnel, divers partenariats avec d'autres établissements ou des camps de toile qu'elle ne gère pas directement. Suivant le même principe, les frais supportés par les parents sont allégés grâce aux allocations ou subventions versées par le Groupe. Cependant, dès 1948, des allocations de vacances étaient versées indépendamment de tout séjour en colonie. Une politique de solidarité toujours active pour permettre aux enfants de chaque collaborateur de partir en vacances quelle que soit la situation financière de leur famille.

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