Care soutient l’inclusion financière pour lutter contre l’extrême pauvreté

Société Générale est l’un des grands partenaires de l’ONG Care France avec des projets soutenus depuis 2008 en Afrique visant l’éducation, l’autonomisation des femmes ou encore l’éducation financière.

Philippe Lévêque, Directeur Général de Care France, identifie plusieurs enjeux pour le continent africain. « Au-delà de la question majeure du climat, le premier est démographique avec la nécessité de créer des emplois notamment pour la plus grande population de jeunes au monde. La gestion des ressources naturelles est également particulièrement importante afin qu’elles profitent avant tout aux habitants des différents pays et non à des investisseurs étrangers. Un autre enjeu déterminant relève du droit des femmes et de leur autonomisation. » Et dans ce domaine, Care a développé le programme Associations Villageoises et de Crédit (AVEC).

Programme AVEC, 4 millions de femmes soutenues

AVEC s’appuie sur le système ancestral de la tontine. Chacun met de l’argent en commun qui sera ensuite utilisé à tour de rôle par les membres pour investir dans un projet. « Cela peut être l’achat d’un animal dont le lait sera plus tard vendu créant ainsi une activité économique durable. » À travers cette initiative, qui a accompagné plus de 4 millions de femmes dans le monde depuis sa création, Care met en place les piliers de l’autonomisation des femmes et surtout, participe à leur éducation financière avec comme objectif leur bancarisation. Ce thème peut paraître bien éloigné de la réalité de villageoises isolées. Pourtant, il est intimement lié au développement des pays. « Beaucoup de ces personnes n’auront jamais accès au crédit, même au microcrédit. Dans le même temps, le simple fait de franchir la porte d’une banque représente souvent un facteur de stress très important pour ces personnes très vulnérables qui considèrent le banquier comme un notable distant. » Mais si ces femmes ne disposent d’aucune possibilité d’emprunter, elles peuvent modestement épargner et surtout épargner en commun pour additionner leurs forces. « C’est justement ce que nous proposons avec le programme AVEC. Il s’appuie sur une méthodologie très structurée, disponible en open source, composée de différentes étapes. » Parmi les conditions à respecter, l’application obligatoire d’un taux d’intérêt qui favorise la compréhension du fonctionnement de la monnaie en montrant des pièces et des billets. « Les femmes investissent à tour de rôle au sein d’une communauté à taille humaine qui leur fait confiance avec des sommes très faibles remboursées généralement en trois mois. Cet accès à l’éducation financière les aide progressivement à comprendre les notions économiques de base, puis de propriété et plus tard de droit. Une femme souhaitera par exemple transmettre son argent à un proche qu’elle aura choisi. Elle prendra alors conscience de ses droits et de la nécessité de les défendre pour protéger ce qu’elle a contribué à bâtir. C’est toute la démarche vertueuse que nous mettons en place à travers nos projets de développement. » Là encore, l’enjeu est primordial selon Philippe Lévêque : « Les femmes fournissent 70 % du travail agricole dans le monde mais ne possèdent que 10 % des terres. »

L’enjeu de la bancarisation

La bancarisation des populations en Afrique, avant d’être un enjeu stratégique pour les banques du monde entier, représente un élément essentiel pour le développement des populations. « Elle permet tout d’abord de sécuriser l’argent contre le vol ou bien face à une catastrophe naturelle. En décembre 2004, de très nombreux habitants des villages confrontés au tsunami ont ainsi vu disparaître avec les torrents d’eau toute leur épargne, 100 % physique. Mais la bancarisation va aussi favoriser l’accès à l’emprunt et donc à l’investissement. C’est également un préalable essentiel au développement de caisses de solidarité avec des assurances sur les biens – la perte de récoltes agricoles liée aux catastrophes naturelles par exemple – ou bien des personnes à l’image des complémentaires santé. L’inclusion financière pour les populations les plus pauvres représente donc un outil fondamental de développement et d’émancipation. »

L’inclusion financière pour les populations les plus pauvres représente un outil fondamental de développement et de liberté.

Philippe Lévêque, Directeur Général de Care France

Partenaire prioritaire Afrique de Société Générale

Dans la lignée de ses propres engagements, Société Générale poursuit son soutien à Care France à travers un partenariat prioritaire Afrique pour la période 2017-2019. Depuis le lancement du partenariat en 2008, Société Générale a ainsi apporté un soutien de près de 3,2 M€ à l’association, uniquement pour le continent africain. Il a permis de faire bénéficier plus de 138 000 personnes réparties dans 7 pays – Bénin, Cameroun, Éthiopie, Madagascar, Mali, Maroc, Tchad – d’actions en faveur du développement.

Nourrir la réflexion stratégique

Le fait de collaborer étroitement avec une ONG maillée avec les plus grandes institutions internationales comme l’ONU, l’Union Européenne ou la Banque mondiale est tout sauf anodin pour les deux organisations. « Cela suppose une grande transparence et des comportements irréprochables de deux côtés. Nos 102 000  donateurs privés ne pourraient pas comprendre que nous acceptions le financement d’une entreprise dont la stratégie et les actions seraient en contradiction avec nos propres engagements. Nous échangeons ainsi avec les décideurs exécutifs du groupe. Aucun thème n’est tabou. Nous nous nourrissons de notre côté de toutes les connaissances qu’ils peuvent nous apporter en nous connectant avec leur propre réseau d’experts et de partenaires notamment en lien avec les enjeux du continent africain. »

Repères

  • 1983 : création de Care France

  • 48 salariés au siège à Paris

  • 500 collaborateurs sur le terrain

  • 40 M€ de budget annuel

  • 15% des ressources proviennent des entreprises

  • 88% du budget affecté en 2017 à des missions sociales

Le concept d’inclusion financière

Selon la Banque Mondiale, « l’inclusion financière définit la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder à moindre coût à toute une gamme de produits et de services financiers utiles et adaptés à leurs besoins (transactions, paiements, épargne, crédit et assurance) proposés par des prestataires fiables et responsables. »

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Le projet financé par la Fondation : l'AVEC

Projet d’autonomisation et d’insertion économique et sociale des femmes vulnérables via la mise en place d’une nouvelle forme d’entraide solidaire adaptée aux ménages les plus pauvres : les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC).

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