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Stratégie 21/10/2010

Les entreprises peuvent-elles contribuer à faire changer la société ? Par Françoise Mercadal-Delasalles

« Les barrières sont dans nos têtes  et le changement est dans nos mains », tels ont été les mots optimistes de Christine Lagarde en ouverture du Women’s Forum qui s’est tenu du 15 au 18 octobre à Deauville.

« Change: make it happen » : le thème de cette 6e édition était résolument tourné vers l’action. Après le choc de la crise, comment reconstruire des sociétés et des économies plus justes et plus durables ?

Au terme de ces trois jours de conférences et d’échanges, je suis plus que jamais convaincue que la force de chaque individu peut devenir un moteur de changement plus efficace encore que celui des institutions publiques ou privées.

Les nombreux témoignages de femmes de tous pays, qu’elles soient responsables d’associations, leaders politiques, auteurs, journalistes ou chefs d’entreprises sont toujours une formidable bouffée d’énergies et une preuve éclatante du pouvoir des individus et de leur capacité à faire bouger concrètement les choses.

Et c’est précisément dans ce dialogue avec les individus que l’entreprise peut jouer un rôle et contribuer au changement. Après plusieurs années de crise, les entreprises sont aujourd’hui un peu plus conscientes de leur responsabilité sociétale, davantage à l’écoute de leurs parties prenantes et peut-être un peu moins sûres d’elles mêmes. C’est une excellente nouvelle.

Ma conviction est que l’entreprise leader de demain ne sera pas forcément la plus performante financièrement, mais la plus inspirante. Celle qui saura donner envie pour attirer à elle les (bonnes) volontés, issues de la société civile comme de ses rangs. Celle qui saura construire aussi de nouvelles formes de collaboration avec toutes ses parties prenantes.

C’est dans cette coopération que se trouveront les innovations les plus remarquables et les plus porteuses de sens pour l’avenir.

Evaluer un projet, le soutenir et l’accompagner est l’essence même de notre métier de banquier. Nous avons donc un vrai atout dans ce nouveau modèle de relation.

En même temps, nous avons à relever un formidable défi d’image pour réconcilier la société avec la banque et reconstruire la confiance.

C’est là, tout le sens de notre « projet  d’entreprise » Ambition SG 2015, devenir la banque relationnelle de référence, celle à qui on s’adresse quand on a un projet et envie d’être soutenu pour faire changer les choses.


Pour aller plus loin :
* l'interview vidéo de Françoise Mercadal-Delasalles sur le rôle de la femme dans la finance
* le premier billet de Françoise Mercadal-Delasalles sur l'innovation dans l'entreprise

  • 9 commentaires
  • Pas une question homme / femme par Stéphanie | Le 01/11/2010 La lecture de votre billet est intéressante, car celui-ci part d'un événement destiné aux femmes dirigeantes (Women's forum), mais traite d'un sujet qui dépasse le cadre de la parité. Ce message démontre qu'en matière de changement et de gouvernance d'entreprise, le "problème" n'est pas masculin ou féminin, il est global.
  • Quels enseignements majeurs du Women's forum ? par Hervé | Le 01/11/2010 Pour rebondir sur le commentaire précédent, quels ont été les principaux enseignements du Women's forum de cette année ? Mis à part l'enthousiasme transmis, qu'en retenez-vous ?
  • Bon courage par Zoglub | Le 01/11/2010 Bon courage pour votre projet de transformation, ce n'est pas gagné !
  • Sujet intéressant mais faussé et très marketé ... par Odee | Le 05/11/2010 Bonjour à tous

    La réponse est ... NON !

    Regardont les faits économiques récents

    Les entreprises sont dirigées par les actionnaires.
    Actionnaires qui ont un objectif simple et terrible : faire des profits maximum à très court terme.

    Et les managers ?
    Et les salariés ?
    Et les femmes ?
    Et les hommes me direz-vous ?
    Je ne vois que des "dirigeants fantômes", des "salariés fantômes" qui n'ont pas d'autres choix que de subir les décisions mercantiles de leurs actionnaires.

    Désolé,

    Bon courage à toutes et à tous

    Odee
  • Réponse à Hervé par Françoise | Le 08/11/2010 Bonjour, pour dire les choses fort et clair, beaucoup d'hommes cette année au women's forum, et encore de très nombreuses idées recues ou stereotypes dans leurs têtes ! Lisez les ouvrages de Linda Gratton sur le sujet, elle écrit que la comprehension mutuelle et le partage du pouvoir sont à attendre pour.....2030 au mieux ! D'ici là courage mes soeurs !!!
  • Réponse à Odee par Françoise | Le 08/11/2010 Bonjour, je peux comprendre votre remarque, mais voudrais vous convaincre qu'elle n'est pas juste, et qu'elle est trop simple. L'orientation des paquebots que sont nos grandes entreprises relève de l'imbrication de micro decisions multiples prises à tous les echelons de l'entreprise, par l'ensemble des ses collaborateurs et de ses dirigeants. Nos organisations sont devenues ultra complexes, le monde dans lequel nous vivons est devenu ultra complexe. Nous ne gouvernons pas, et nous ne pouvons plus gouverner (si tant est que cela ait été possible un jour) nos entreprises à l'aune du seul cours de l'action demain matin....nous serions morts depuis longtemps dans ce cas ! Nous visons la durabilité economique et sociale, nous visons la création de valeur pour nos collaborateurs, pour notre pays, et pour le monde.

    Je crois que nous détenons chacun à notre place notre destin dans nos mains et que nous pouvons tous agir dans le sens de ce qui nous paraît être....le bien, pour peu que nous ne passions pas notre temps à nous trouver de fausses excuses.....
  • Homme/Femme ... mais banquier avant tout par Fatiha | Le 22/11/2010 S’il n'y avait que des dirigeants fantômes, des salariés fantômes alors il y n'aura que des profits fantômes... donc que gagneraient les actionnaires avec cette fantomatique équation. Je pense que nous devons être au devant de la scène pour jouer un rôle actif, que l'on soit un homme ou une femme nous sommes d'abord des banquiers pour accompagner et conseiller. La banque ce n’est pas simplement le découvert, les frais, c'est aussi le lieu où naissent les projets et les investissements de demain et la rentabilité d'après demain...baisser les bras c'est laisser les autres décider pour nous. Aujourd'hui dans nos pays industrialisés nous avons tendance à nous résigner très facilement, car nous nous cachons derrière le concept de l'actionnaire qui décide ... mais les constats qui nous viennent des pays pauvres (micro-crédit par exemple... largement relayer par les femmes) doivent nous inciter à continuer d'avancer et d'être un espoir pour celles et ceux qui nous observent aussi bien ici qu’ailleurs…en tant que femme je ne me demande pas comment faire mieux qu’un homme mais comment faire autrement car de notre différence doit naitre coopération et non sur une confrontation
  • INNOVATION GAGNANTE par Annie | Le 30/11/2010 J'aurais aimé participer au Forum de Deauville, mais le ticket d'entrée est au dessus de mes moyens, je partage votre approche à 100%.
    Comme vous, je ne pense pas qu'il s'agisse d'une question de femme ou d'homme, d'actionnaires ou pas, les freins aux changements et mise en oeuvre des transformations proviennent plus souvent des comportements et des mentalités hostiles à toute curiosité, écoute, changement, innovation.
    Simplifier la communication, les process, la prise de rendez-vous par exemple, serait une première étape gagnante dans la transformation.
    Cdlt
  • le rôle de l'individu par Michael | Le 21/09/2011 "L'ambition individuelle n'est qu'une passion enfantine" disait De Gaulle. Aucun entrepreneur aussi brillant soit-il, aucun inventeur génial ne pourra changer le monde s'il n'émerge pas d'une communauté.....C'est du groupe humains qu'émerge les brillants esprits capable de faire changer les choses !!! et leurs actions est pour le groupe humain !!!

    la question fondamentale me semble plutot être qu'est-ce que le vivre ensemble. Notre ancien débat sur l'identité nationale fut un fiasco, et mondialisation, démondialisation , amondialisation, hypermondialisation personne ne sait que choisir.....

    La clé du changement, ce n'est pas l'entreprise, mais l'être humain, l'individu..... Nos sociétés créent des moutons. Quand chaque individu aura les moyens de vivre son individualité, protégé par sa communauté, sans être formaté par les médias ou l'éducation, il sera bénéfique à son environnement.... et ça faut le multiplier par 7 mililards!!!
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