Objectif : Stabilité financière européenne

Par Zeina Bignier | Responsable de l'origination de dette souveraine et publique | 15/02/11

Créé en mai 2010, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a procédé le 25 janvier dernier à une émission obligataire pour l'Irlande, dans laquelle Société Générale est intervenue à titre de Chef de file.

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Créé en mai 2010, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) a procédé le 25 janvier dernier à une émission obligataire pour l'Irlande, dans laquelle Société Générale est intervenue à titre de Chef de file. Zeina Bignier, Responsable de l'origination de dette souveraine et publique pour Société Générale Banque de Financement et d’Investissement, revient sur cette opération et précise les missions du FESF.

Qu'est-ce que le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et quels sont ses principaux objectifs ?
Zeina Bignier : Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est une société fondée par les 16 États-membres de la zone euro en mai 2010 et dont le siège est basé au Luxembourg. Son Directeur général est Klaus Regling. Le FESF a pour objectif de préserver la stabilité financière de l'Union économique et monétaire européenne en offrant une assistance financière aux États-membres en difficulté. Il fait partie d'une initiative globale des institutions européennes visant à créer de nouveaux mécanismes de gestion de la crise financière dans la zone euro. Le Mécanisme européen de stabilisation (MES) est composé de trois entités : le Fonds européen de stabilité financière (FESF), le Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) et le Fonds monétaire international (FMI), leur capacité globale s’élevant à 750 milliards d'euros.

De quelle manière Société Générale joue-t-elle un rôle dans le programme d'aide financière européen ?
ZB : Pour lever des capitaux et offrir des prêts aux pays en difficulté, le FESF emprunte par le biais d'émissions obligataires. C'est là que Société Générale entre en scène, en procurant au Fonds un accès au marché. Société Générale est intervenue en tant que chef de file (aux côtés de Citi et HSBC) lors de la dernière émission obligataire du FESF de 5 milliards d'euros au profit de l'Irlande. En tant que chef de file, Société Générale a exécuté cette transaction. Elle a ciblé une base d’investisseurs institutionnels diversifiée géographiquement et par type d’investisseur. Le livre d'ordres s’est construit en 15 minutes et la demande des investisseurs a atteint presque 45 milliards d'euros pour une émission finale de 5 milliards.

Est-ce un vote de confiance pour l'Europe et ses futurs réseaux de sécurité financière ?
ZB : C'est un signe de confiance accordée à la crédibilité du MES. En effet, cette émission a suscité une demande record. Ces montants témoignent de l'aptitude de l'Europe à lever des capitaux sur ce marché, et prouvent également sa capacité à gérer les crises actuelles et futures. Les intérêts sont venus du monde entier, notamment d’Asie, d’Allemagne et du Royaume-Uni. De façon générale, cette opération montre la confiance du marché européen et international dans l'euro, dans sa crédibilité et dans ses perspectives. La demande des banques centrales a été élevée (elle a représenté 43 % du montant total), ce qui confirme également le statut de monnaie de réserve de l'euro.

Cette confiance des marchés dans l'Europe et dans le MES montre que les nouveaux mécanismes de gestion des crises financières sont en place et remplissent leurs objectifs.

À terme, le MES pourrait connaître des modifications qui seront évoquées lors du Sommet européen de mars, afin de garantir son efficacité en tant que structure permanente. La gouvernance devrait être accrue, tout comme les capacités de financement, afin de permettre au dispositif de poursuivre sa mission de fonds de sauvetage.

L'avenir de la stabilité financière européenne repose-t-il sur la coopération ?
ZB : Le MES peut être considéré comme une première étape vers une future facilité de crédit centralisée qui pourrait prendre le relais des émetteurs souverains européens ayant des difficultés à se financer sur le marché obligataire. Le MES permettra aussi une meilleure harmonisation des politiques budgétaires européennes et une plus grande convergence avec les objectifs fixés en 1993 par le Pacte de stabilité de Maastricht.

Dans ce contexte, Société Générale continuera à offrir son soutien aux différentes économies européennes.

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