Fondée en 1987, l’association Mécénat Musical Société Générale est devenue l’un des acteurs essentiels de la vie de la musique classique. Elle soutient notamment le Grand Prix Lycéen des Compositeurs fondé et organisé par La Lettre du Musicien.
Comment l’association Mécénat Musical Société Générale fonctionne-t-elle ?
Depuis sa fondation, notre association a toujours gardé le même fonctionnement. Nous avons un conseil d’administration qui se réunit deux fois par an pour examiner les projets. Il faut savoir que, chaque année, nous recevons environ 500 demandes d’aide. Présidé par le violoncelliste Alain Meunier, le conseil compte cinq personnalités du monde de la musique et cinq responsables de la Société Générale, dont Séverin Cabannes, directeur général délégué de l’entreprise. L’équipe opérationnelle, dont je suis le responsable, met en place et exécute au quotidien les décisions prises par le conseil d’administration.
Quel est votre budget ?
Nous avons un budget annuel de 1,5 million d’euros, qui ne prend pas en compte nos frais de fonctionnement. Par ailleurs, ce budget est resté stable et n’a pas diminué malgré les périodes de turbulences qu’a traversées l’entreprise.
Quels sont vos critères de soutien ?
Nous avons pour principe de soutenir les projets qui s’inscrivent dans la durée, de privilégier la continuité et non le “one shot”. Notre mécénat est là pour aider à construire et à stabiliser un projet. Pour cette raison, notre soutien à une structure peut durer jusqu’à neuf ans. Chaque année, nous avons en place une cinquantaine de partenariats. Par conséquence, nous sommes présents sur environ 400 concerts par an.
Quels secteurs de la musique classique privilégiez-vous ?
Tout d’abord, nous proposons un système d’accompagnement des jeunes musiciens, en lien avec les conservatoires supérieurs de Paris et de Lyon. Depuis 1988, nous avons attribué plus de 900 bourses à des étudiants de ces deux établissements. Ces bourses peuvent servir à l’achat d’instruments, à la participation à des classes de maître… Deuxième axe : nous soutenons des structures qui souhaitent se développer. C’est ainsi que nous aidons des ensembles comme Les Siècles, Le Concert d’Astrée, La Chambre philharmonique, des saisons, notamment celle du théâtre des Bouffes-du-Nord, ou encore des festivals, de celui de Colmar à celui du Larzac… Il nous paraît également essentiel d’accompagner les projets ouvrant la musique classique à de nouveaux publics, comme c’est le cas de Demos ou des Concerts de poche. Enfin, nous sommes l’un des rares mécènes à mener une importante politique de commandes à des compositeurs contemporains. Depuis 2004, nous avons passé pas moins d’une trentaine de commandes (liste sur www.lalettredumusicien.fr).
Parlez-nous de l’aide que vous apportez au quatuor Zaïde…
Nous avons toujours soutenu un quatuor à cordes. Après les Debussy, les Parisii, les Psophos et les Ardeo, nous aidons désormais les Zaïde. Mais notre mécénat n’est pas que financier. Le quatuor est aussi en résidence dans nos tours de la Défense, où une salle leur est réservée. Nous tentons ainsi de compenser la pénurie de lieux de répétition à Paris… De plus, le premier violon du quatuor, Charlotte Juillard, joue sur un instrument prêté par la Société Générale : un violon de Joseph Gagliano de 1796. C’est aussi le cas de Jean-Guihen Queyras à qui nous avons confié un violoncelle de Gioffredo Cappa de 1696.
Comment impliquez-vous les salariés de la Société dans vos actions de mécénat ?
Il faut savoir que nous avons une licence d’entrepreneur de spectacles, ce qui nous permet d’organiser des concerts au sein de nos locaux. Chaque année, une quinzaine de concerts, donnés par les artistes que nous soutenons, sont ainsi proposés exclusivement aux salariés de l’entreprise. La majorité des concerts se déroule dans l’auditorium de 250 places situé au sein de notre siège de la Défense. Ces concerts sont organisés à l’heure de la pause déjeuner, sont gratuits et durent une heure. A chaque fois, la salle est pleine ! Je tiens à préciser que nous rémunérons les artistes que nous accueillons dans ce cadre. Point culminant de cette saison : la fête de la Musique. L’agora du siège à la Défense se transforme en salle de concert accueillant chaque année les partenaires de MMSG pour un moment de partage avec tous les collaborateurs. Des concerts sont aussi mis en place dans notre réseau en région.
Le mécénat constitue-t-il un outil de communication pour l’entreprise ?
Ces dernières années, nous n’avons peut-être pas assez communiqué sur nos activités. C’est pour améliorer cet aspect que sera mis en place dans quelques semaines un nouveau site Internet.
La Société Générale soutient également la salle Pleyel…
Après avoir aidé le théâtre du Châtelet à l’époque où cette maison était dirigée par Stéphane Lissner et Jean-Pierre Brossmann, la Société Générale soutient, depuis sa réouverture, la salle Pleyel. Par ailleurs, les filiales de la Société Générale implantées à l’étranger soutiennent également la musique classique, que ce soit au Canada ou en République tchèque…
Propos recueillis par Antoine Pecqueur









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