Les pieds dans l'eau : Société Générale et la Grande Crue de 1910

Par Camille Rey | Service des Archives Historiques | 12/01/10
A l’occasion du centenaire de la crue de la Seine de 1910, nous revenons sur ce phénomène sans précédent qui a frappé la France sans épargner les agences de Société Générale.
Imprimer cette page
Envoyer par mail
Les flux RSS
Nous contacter
Ajouter aux favoris
Augmenter la taille de police
Reduire la taille de police

Le 21 janvier 1910, une tempête de vent et de pluie s’abat sur toute la France, les régions sont gravement touchées mais c’est en région parisienne que les dégâts sont les plus importants. A Paris, la crue de la Seine provoque des inondations sans précédent. Le 28 janvier, une hauteur d’eau de 8, 62 mètres est atteinte au pont d’Austerlitz. Le zouave du pont de l’Alma, sur lequel les Parisiens ont l’habitude de mesurer la montée de la Seine, a de l’eau jusqu’aux épaules.


Nos Société Générale ne sont pas épargnées. A Paris, un certain nombre d’entre elles sont sinistrées et on déplore de nombreux dommages matériels. Les salles de coffres, situées dans les sous-sols, ont été atteintes les premières. Des évacuations ont lieu dans l’urgence. Si l’agence du Faubourg-Saint-Honoré a réussi a sauver la totalité des coffres, l’agence du boulevard Saint-Germain a eu, en revanche, moins de chance. Malgré la mise en action de trois pompes, soixante compartiments sont inondés. L’agence de la rue de Lyon est envahie par deux mètres d’eau, les meubles sont perdus et les bureaux doivent être entièrement refaits.

Face aux évènements, le personnel se mobilise et met en place des opérations de sauvetage : construction de barrages, pompage de l’eau. Tout est mis en œuvre pour sauver les documents les plus précieux. Au siège social, la conservation des titres est épargnée. La catastrophe aura été évitée de justesse. Suite à ces évènements, la direction décide de transférer la conservation centrale vers une installation plus sûre. A partir de 1911, le service s’installe dans l’immeuble du Trocadéro et les titres sont conservés à l’abri dans une tour aux murs en béton épais.
En proche banlieue, les agences de Levallois, Clichy, Asnières, Ivry et Vitry sont sinistrées. Les services sont transférés dans des agences voisines.

La décrue s’amorce mi-février. Le conseil d’administration décide d’octroyer une prime au personnel ayant coopéré aux opérations de sauvetage, en particulier brigadiers et garçons de recette. En outre, un crédit spécial de 50 000 francs est mis à disposition pour venir en aide aux agents les plus démunis.

La crue de 1910 a marqué les esprits. A cette occasion, trois milles cartes postales sont éditées. Quelques spécimens concernant nos agences sont conservés par le service des Archives historiques et témoignent de l’ampleur du phénomène.

  21 votes
Notes des lecteursNoter cet article