
Jaromir Chabr, directeur général et président du Conseil d’administration de notre filiale KBB, évoque les conséquences de cet événement.
L’adoption de l’euro est sans aucun doute le deuxième événement le plus marquant pour la Slovaquie après son accession à l’UE en 2004. Depuis cette date, les gouvernements successifs ont tout fait pour que le pays devienne rapidement membre de la zone euro. Après plusieurs réformes, nous y sommes parvenus : la Slovaquie est devenue membre du MCE II le 28 novembre 2005 ; il est le seul pays de l’histoire à avoir modifié à deux reprises la parité centrale de sa devise par rapport à l’euro, le 19 mars 2007 et le 29 mai 2008. Entre l’accession au MCE II et la fixation du taux de change final, la couronne slovaque a gagné 21,6 %, évolution décrite par les analystes comme une véritable réussite pour l’économie slovaque et sa monnaie. Le taux de conversion officiel – 30,1260 SKK pour 1 EUR – est jugé parfaitement « équilibré » à la fois par les entreprises et les consommateurs car il tient compte de la situation économique actuelle et créé les conditions d’une croissance durable du PIB.
L’adoption de l’euro représente un nouvel atout pour attirer de nouveaux investissements en Slovaquie et renforcer la coopération économique avec nos homologues européens. Les sociétés exportatrices et importatrices ne supportent plus le risque de change ; elles bénéficient d’une baisse des coûts de transaction et d’une meilleure visibilité en matière d’investissement. Si l’on ajoute des coûts de main d’oeuvre favorables, on comprend alors pourquoi la Slovaquie est devenue un pays plus fiable et plus crédible dans le monde des affaires.
Dans le secteur bancaire, le passage à l’euro a induit des coûts très importants liés à la réorganisation des systèmes bancaires et informatiques internes, et a même entraîné une perte partielle des commissions liées aux opérations sur le marché des changes et aux opérations de paiement en devise. En revanche, les banques devraient bénéficier d’une augmentation des activités de paiement car l’assouplissement de nombreuses contraintes pour les entreprises stimulera la croissance du commerce.
En d’autres termes, en rejoignant la zone euro et en respectant les critères stricts de Maastricht en matière de stabilité monétaire et budgétaire, la Slovaquie a légitimé sa place parmi les pays européens les plus développés.








