Une région résistante.
Les pays d’Afrique du Nord[1] ont relativement bien traversé la crise économique et financière internationale. A la différence d’autres régions du monde, aucune des économies de la région n’est entrée en récession. Malgré le ralentissement conjoncturel observé en 2009, le rebond de l’activité amorcé en 2010 devrait se poursuivre en 2011.
Cette performance s’appuie depuis plusieurs années sur la dynamique favorable des grands équilibres macroéconomiques. La baisse des niveaux d’endettement public et externe tout au long de la décennie écoulée a permis aux pays de la région d’aborder la crise dans une position relativement solide.
Une région dynamique.
L’évolution des déterminants de la croissance de long terme traduit un potentiel de croissance en hausse pour l’ensemble des pays de la région.
- Les pays d’Afrique du Nord bénéficient d’une période d’aubaine démographique, synonyme d’accroissement de la force de travail. Depuis le début des années 80, les pays de la région font l’expérience d’une transition démographique extrêmement rapide[2]. Celle-ci entraine l’augmentation de la proportion de la population active et des tranches d’âge avec une plus forte capacité d’épargne. L’augmentation de l’épargne nationale participe à son tour à libérer une ressource pour le financement de l’investissement.
- Le niveau des taux d’investissement augmente. Cette évolution est remarquable dans l’ensemble des pays de la région. Elle se traduit par une hausse de l’investissement domestique (notamment dans les infrastructures) ainsi que des investissements directs étrangers dans des secteurs aussi divers que le tourisme, l’automobile, la grande distribution, l’énergie. L’attractivité de la région reflète l’amélioration du cadre macroéconomique et de l’environnement des affaires.
Une région à fort potentiel pour les métiers bancaires.
Le crédit bancaire a plutôt bien résisté dans le contexte de crise financière internationale[3]. L’intermédiation bancaire devrait continuer de se renforcer. Néanmoins, à ce stade, la région rassemble des paysages bancaires très différents. Le Maroc et la Tunisie se sont engagés précocement dans la réforme de leurs secteurs bancaires ce qui se traduit actuellement par des niveaux de crédit sur PIB relativement plus élevés qu’en l’Algérie ou l’Égypte.
La région offre de bonnes perspectives de développement. Celles-ci reposent sur la moindre vulnérabilité externe que par le passé et également sur des évolutions structurelles en termes de potentiel de croissance (démographie, investissement, urbanisation) permettant d’amorcer un véritable rattrapage économique.
Régis Galland, RISQ/ECO
[1] Nous concentrons cette note sur l’Algérie, l’Égypte, le Maroc et la Tunisie.
[2] Le nombre d’enfants par femme est passé de 5.6 en moyenne au début des années 80 à 2.4 à la fin de la décennie 2000.
[3] Le crédit a continué de croitre dans l’ensemble des pays, à l’exception de l’Égypte dont le crédit a connu une courte periode de contraction au T4 2009 et T1 2010.








