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La crise financière s’est transformée en profonde récession mais le pire peut être évité

Par Benoît Hubaud | Responsable de la recherche Fixed Income | 14/05/09

La crise financière a atteint son paroxysme aux mois d’octobre et novembre l’année dernière après la faillite de Lehman Brothers...

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La crise financière a atteint son paroxysme aux mois d’octobre et novembre l’année dernière après la faillite de Lehman Brothers avec une dislocation extrême des marchés financiers. Cela a débouché, comme beaucoup le craignaient depuis le début de la crise des subprimes en 2007, sur une récession sévère et globale dont l’issue est encore incertaine.

Le passage au stage ultime  serait une crise semblable à celle des années 20, avec l’enchaînement de forces dépressives créé par le mouvement de désendettement entraînant une chute durable de la consommation, des prix et de l’investissement avec une hausse des faillites exacerbant le problème du chômage. Mais ce scénario devrait selon nous être évité.

La chute des échanges internationaux au cours des derniers mois illustre bien la sévérité de la récession actuelle, écartant définitivement la théorie du découplage selon laquelle la demande asiatique (Chine, Inde, etc.) devait soutenir la demande mondiale. La Chine fait aussi face à un ralentissement brutal de sa croissance flamboyante, avec une baisse des exportations et de la consommation.

Au Japon, la  trêve est également finie ; les commandes de biens durables et la confiance des ménages sont en chute libre. Le marché immobilier américain, à l’origine de la crise, n’a toujours pas trouvé son point bas, la baisse des prix empêchant la stabilisation des volumes. La sortie de cette crise est fortement dépendante de l’ampleur et de l’efficacité des plans de soutien mis en place par les gouvernements qui ont pris la mesure de l’ampleur des difficultés économiques suivant les difficultés financières.

Les baisses massives et nécessaires des taux d’intérêt ne suffiront pas et avec les bas niveaux atteints, les politiques monétaires et de relance budgétaire sont devenues indissociables. La coordination des plans et la poursuite du renforcement de l’Union européenne dans sa configuration actuelle est nécessaire. Les politiques mises en place ne permettront pas d’éviter une récession au niveau mondial en 2009 avec les Etats Unis enregistrant une baisse de leur PIB de 2,4 % et l’Europe de 2,0 % .